Guerre en Ukraine, discriminations liées au racisme, inégalités sociales… Pour décrypter ces sujets d’actualité, le philosophe et activiste Bleri Lleshi propose l’exemple de Martin Luther King. Le parcours de ce dernier, semé d’espoirs, a contribué à changer le monde d’hier et celui d’aujourd’hui.

Face aux injustices de notre monde actuel, aux tragédies de la guerre et à la violence qui sévit, Bleri Lleshi ose invoquer "la puissance de l’espoir", le titre de son dernier ouvrage en français. L’homme sait de quoi il parle: originaire d’Albanie, où il a pris conscience d’assez près des ravages de la guerre, il est venu étudier en Belgique. Il travaille depuis longtemps auprès des jeunes Bruxellois, et il passe d’une région linguistique à l’autre. Il a choisi de s’inspirer de Martin Luther King (1929-1968).
Voir aussi Cinq dates pour comprendre la vie et l'œuvre de Martin Luther King
"Souvent l’espoir est vu comme une spécificité pour ceux qui ont la foi, ceux et celles qui croient qu’il y a une vie après la mort. Je trouve dommage de réduire l’espoir ainsi, et de ne pas utiliser toute sa force dans la vie quotidienne, dans nos combats."
"Martin Luther King est un incroyable exemple. Lui a compris rapidement que pour changer quelque chose, aussi difficile que ce soit, nous avons besoin de l’espoir. Quand on voit tous les combats sociaux qui ont été menés dans l’histoire des hommes, celui de Martin Luther King montre comment utiliser l’espoir pour changer les choses. C’est un des moteurs quand on veut un changement social, l’autre moteur étant l’amour et pour Martin Luther King la foi."
Quel épisode de la vie de Martin Luther King vous reste en mémoire?
Il y en a beaucoup! L’un des premiers que je retiens date du moment où il avait 17 ans. Il avait grandi dans une famille afro-américaine de bonne condition. Son père voulait protéger son fils, mais ce dernier s’est obstiné à aller travailler dans une usine pendant l’été. Avant cette expérience, il détestait les Blancs. C’était une réaction au fait qu’il ne pouvait pas aller au parc, réservé aux Blancs, ni côtoyer ses amis blancs, ni fréquenter la même école qu’eux. Il pensait donc que les Noirs étaient les seules personnes opprimées aux Etats-Unis.
Il raconte dans son autobiographie avoir été choqué par les conditions de travail des ouvriers dans cette usine. Martin Luther King a alors compris que la majorité de la population, que ce soient les Noirs, les Latinos, les Asiatiques et même les Blancs, sont opprimés. Pour changer cette situation, il faut viser ceux qui sont au pouvoir.
Propos recueillis par Anne-Françoise de BEAUDRAP

