Un an de guerre en Ukraine – Quatorze millions d’Ukrainiens déracinés (audio)


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Un an de guerre en Ukraine – Quatorze millions d’Ukrainiens déracinés (audio)
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le
4 min

Alors que l'aide d'urgence se poursuit en Ukraine, dans les pays d'accueil c'est un accompagnement de plus long terme que Caritas International organise pour permettre aux réfugiés de retrouver un cadre de vie sécurisant en attendant la fin du conflit qui ravage leur pays.

Ludmilla Beshnjeva a trois enfants dont Victoria (3 mois). Après 5 jours de voyage, la famille a passé la frontière polonaise à Przemysl où l'équipe de Caritas lui apporte une aide de première urgence.

Emission Il était une foi, diffusée dimanche 26 février à 20h sur La Première (RTBF)

Présentation: Manu Van Lier

En Ukraine, le quotidien des habitants est fait de peur. Des sirènes d'alerte, des bombardements et l'obligation d'aller se réfugier dans les caves. A cela s'ajoute les difficultés d'approvisionnement en nourriture, en biens de première nécessité et en énergie. "Dans les zones bombardées les marchés ne se tiennent plus, des routes sont coupées", observe Gilles Cnockaert, directeur de la communication de Caritas International. Beaucoup de familles vivent sans moyen de se chauffer alors que les températures sont largement en dessous de zéro. "L'aide logistique, poursuit Gilles Cnockaert, c'est donc aussi apporter du bois, du charbon. Le secteur de la santé est également fragilisé tant pour les soins d'urgence que pour les maladies chroniques avec des patients qui ne reçoivent plus leur traitement." Sur une population de quantante millions de personnes, six millions sont déplacées dans le pays et huit autres ont fui vers toute l'Europe, trouvant refuge principalement dans les pays frontaliers (Pologne, Slovaquie, Roumanie, Moldavie et Tchéquie). Dès les premiers jours de l'invasion russe en Ukraine, l'aide internationale s'est déployée et les travailleurs humanitaires se sont mobilisés pour secourir et mettre en sécurité la population civile. Sébastien Dechamps, qui coordonne l'aide d'urgence au sein de Caritas International explique comment les équipes en Ukraine ont pu apporter dès février 2022 une réponse rapide sur tout le territoire: "Elles ont une expérience du travail en situation de guerre depuis 2014 avec l'invasion de la Crimée et le conflit dans le Donbass. Caritas Ukraine est active sur la ligne de front pour travailler avec des personnes déplacées, des blessés ou des victimes de destruction." L'ONG est le premier intervenant humanitaire face à cette crise. Grâce aux donateurs et à des fonds régionaux ou européens, quatre millions d'Ukrainiens ont bénéficié de ce soutien dans le pays et un million en dehors du territoire. Caritas collabore également activement avec les Nations Unies et d'autres ONG présentes sur le terrain.

Guérir les blessures invisibles

Cette crise a mobilisé la population masculine pour l'action militaire. Caritas vient donc principalement en aide aux femmes et aux enfants craignant pour leurs vies, déplacés de force, témoins de cette guerre et de violences. "Nous sommes surtout inquiets, dit Gilles Cnockaert, pour ces jeunes enfants qui impriment des souvenirs dramatiques. Les Caritas Ukraine et Slovaquie ont intensifié leur travail psychosocial pour mettre des mots sur les traumatismes vécus pour essayer de les dépasser. On a aussi le sentiment que ce travail est déterminant pour ne pas hypothéquer des générations. Quand le conflit prendra fin, il y aura beaucoup de temps à prévoir pour guérir ces blessures invisibles et reconstruire un vivre-ensemble dans un pays ébranlé."

64.000 réfugiés ukrainiens sous protection temporaire en Belgique

Avec l’arrivée en Belgique de nombreuses personnes fuyant l’Ukraine, Caritas International a ouvert une ligne téléphonique gratuite pour fournir des informations fiables et à jour aux personnes qui fuient la guerre et à celles qui veulent les aider en Belgique. © Caritas International

Le statut de protection temporaire, accordé par l'Union Européenne, a permis aux Ukrainiens de pouvoir fuir en toute légalité et d'être protégés. "Malheureusement, tempère Gilles Cnockaert, la Belgique connaissait déjà une grave crise de l'accueil qui a encore pris des proportions dramatiques cet hiver. Ce statut a clairement sauvé des vies mais, comme il est temporaire, il n'aide pas les personnes à se projeter dans la durée. Ce n'est facile pour personne de se projeter dans un nouveau pays d'accueil. Ca demande de faire le deuil de ce qu'on avait construit, d'une maison ou d'une famille qu'on a laissé derrière soi." L'Etat belge a encouragé un accueil citoyen avec des solutions de logement d'urgence gérées par les communes. "Mais ce type d'hébergement ne peut pas s'éterniser !" réagissent les deux représentants de Caritas Intenational qui plaident pour que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités: "que chacun soit accueilli dans la dignité et qu'on ne laisse pas des réfugiés dans des situations de précarité ou à la rue". Caritas appelle les propriétaires solidaires à s'engager pour un bail de courte durée, avec une garantie du CPAS par exemple, pour loger ces personnes qui ont déjà connu un parcours très difficile. Après un an de guerre, il est nécessaire de repenser l'accueil des exilés avec de nouvelles perspectives visant une inclusion dans nos sociétés.

Manu VAN LIER

Infos et dons: caritasinternational.be -

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