L'association 1toit2âges lance un appel aux seniors et aux familles susceptibles d'accueillir un jeune. En effet, l'asbl reçoit plus de demandes d'étudiants que de chambres à offrir chez l'habitant. En appartement ou en maison, à Bruxelles ou en Wallonie, pas de restriction !

Depuis 13 ans, 1toit2âges réunit les générations, en proposant aux étudiants des chambres chez des particuliers. Responsable de l'antenne montoise et coordinatrice de l'ensemble des antennes wallonnes de l'association (Charleroi, Liège, Louvain-la-Neuve, Namur, Mons et Tournai), Frédérique Regout est convaincue des bienfaits suscités par une telle démarche. "Nous sommes en contact avec des histoires qui se créent entre des seniors et des étudiants. On en voit l'impact sur la qualité de vie des seniors et la réussite des étudiants." Au-delà d'un aspect limité à seulement quelques mois ou années, certains duos restent étroitement en contact à la suite de leur aventure partagée.
En manque de logements
Refuser d'accorder un logement à un jeune, faute de chambre disponible, voilà qui est désolant, s'exclame la coordinatrice. Car, contrairement aux idées reçues, les étudiants se bousculent davantage aux portes que les hôtes. De nombreux jeunes contactent ainsi l'asbl 1toit2âges en quête d'un cadre propice à leurs études. "On sous-estime probablement le sentiment de solitude parmi les étudiants. Peut-être parce que les relations sont plus virtuelles, ils recherchent la chaleur d'un foyer", constate Frédérique Regout. A côté des arguments évidents comme celui de trouver un lieu sécurisant, se trouve aussi une motivation économique grandissante. "Le budget des enfants de familles nombreuses est plus serré, tout comme celui des jeunes qui doivent financer eux-mêmes leurs études", souligne la responsable. De même, le forfait mensuel versé aux seniors ou aux familles arrive souvent à point nommé.
Une solution flexible
Si l'accueil habituel est lié à la durée d'une année d'étude, soit de septembre à juin, il est également envisageable pour des périodes plus courtes, le temps d'un stage par exemple ou uniquement en semaine. "Une convention d'hébergement précaire est signée entre les deux parties. Elle peut être interrompue avec un mois de préavis, voire 48 heures en cas de faute grave." A côté de l'hébergement classique, se trouve aussi une formule de service aux familles, réservée à celles avec de jeunes enfants. Cette formule de service peut également être étendue aux seniors en attente d'une aide récurrente. "Mais, en aucun cas, ces étudiants ne remplacent une aide familiale, encore moins une infirmière", prévient Frédérique Regout. Au-delà des aspects pratiques, la question du sens s'avère cruciale. "Accueillir chez soi permet parfois qu'un jeune ait accès aux études. Et du côté des jeunes, ceux-ci se sentent utiles", constate la responsable. "L'idée est de créer de la confiance. Souvent, des liens de convivialité apparaissent d'ailleurs autour des repas." Toutefois, une grande liberté prévaut dans l'organisation des binômes. Une sélection est ainsi opérée, afin d'assortir au mieux les duos, en fonction de leurs centres d'intérêt notamment. "Nous essayons de comprendre les attentes respectives des uns et des autres, de discerner des éléments de leur personnalité." L'association 1toit2âges garantit également un accompagnement de la cohabitation tout au long de l'année. A cet effet, un cadre est posé, "avec des règles en matière de comportement, d'horaire, d'hygiène, d'utilisation d'eau et d'électricité, d'accès au logement par des tiers…" En 13 ans, plus de 4.000 binômes ont vu le jour, à Bruxelles et en Wallonie. En ferez-vous partie, vous aussi ?
Angélique TASIAUX
Retrouvez l'émission radio Il était une foi : "Une excellente solution contre la solitude"

