Prague : un document de synthèse conclut les travaux du synode


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Prague : un document de synthèse conclut les travaux du synode
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
4 min

Ce jeudi 9 février, les trois jours de travaux de l'assemblée synodale européenne ont été conclus par la présentation d'un document de synthèse. Celui-ci reprend les lignes de force qui se sont dégagées des nombreuses interventions, sans occulter les divergences qu'elles ont révélées entre pays d'Europe de l'Est et de l'Ouest.

La délégation belge à l'assemblée synodale de Prague. De g. a d. : Geert De Cubber, Jolanda Mrozowska, Nathalie Beurrier, cardinal Jozef De Kesel. Copyright kerknet.be

C'est vers 10h ce matin que Mgr Gintaras Grusas, archevêque de Vilnius, a présenté le document synthétisant les travaux de l'assemblée synodale européenne, avec quelques autres intervenants. Ce document conclut les trois jours de travaux auxquels ont participé les 200 délégués des Conférences épiscopales ; il sera suivi par un autre document, final celui-là, qui sera rédigé ce weekend des 11 et 12 février, et envoyé ensuite à Rome pour la suite de la démarche synodale.

Le document présenté ce jeudi a reprises des éléments des nombreuses interventions qui se sont succédées trois jours durant. Plusieurs lignes de force en ressortent : l'importance d'accepter les tensions qui émergent et ne pas nécessairement vouloir les résoudre ; l'unité n'est pas l'uniformité ; l'Église doit se tourner vers la synodalité, c'est-à-dire le partage du pouvoir, un modèle délibératif, la responsabilité de chaque personne baptisée.

Questions sensibles

Les sujets brûlants liés à la doctrine sexuelle sont également abordés dans le document de synthèse. Les différents points de vue qui ont été présentés sont évoqués effleurés, en mettant l'accent sur le fait que l'Eglise est en chemin pour discerner ensemble. Fait marquant: les divergences qui sont apparues entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest, et dans une certaine mesure aussi entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud, ne sont pas occultées.

Certaines délégations ont exprimé leur crainte que la synodalité n'affecte la doctrine et le l'identité de l'Eglise. En Europe de l'Est, l'héritage de la persécution des catholiques pendant le la période du communisme joue un rôle dans ces craintes, qui ne doivent pas être sous-estimées, et sont parfois difficiles à comprendre pour les chrétiens qui ont une histoire différente. L'appel à considérer la diversité non pas comme un problème mais comme un enrichissement est clairement repris dans le document final.

Toutes les délégations se sont par ailleurs montrées unanimes sur la nécessité de la formation. Non seulement une formation intellectuelle, mais surtout une formation vécue. La synodalité n'est pas une doctrine, mais un mode de vie et une spiritualité.

En ce qui concerne l'ouverture du ministère ecclésiastique aux hommes mariés et aux femmes, la synthèse rappelle qu'il existe un désir dans certains pays. Mais les avis divergent à ce sujet, non seulement entre l'Est et l'Ouest, mais aussi au sein des pays différents pays. Certaines réflexions doivent être poursuivies, par exemple sur le diaconat des femmes.

L'une des membres de la délégation belge, Jolanta Mrozowska, référente du synode pour la Wallonie a été citée (plusieurs fois) lors de la lecture du document final. Dans un texte qui n'avait pas pu être présenté en session plénière, faute de temps, elle invite à sortir d'un modèle hiérarchique dans l'Eglise : "Le cléricalisme doit être combattu par une conversion des structures de l'Eglise" peut-on lire dans son texte.

Lire l'intervention de Jolanda Mrozowska ici

Cet apport belge correspond à une préoccupation de la délégation française, qui estime que le cléricalisme peut être combattu par le partage des responsabilités de tous les chrétiens, qui découle du baptême.

Réactions

Après une courte pause, les participants ont été autorisés à réagir au document lu. Mgr Georg Bätzing, président de la délégation allemande, s'est montré critique. "Ce n'est pas la Pentecôte ici", a-t-il dit. "Nous sommes toujours à la dernière Cène. Nous avons manqué de discernement. Le texte ressemble plus à un statu quo. Il y a encore beaucoup de travail sur la table. Nous devons avancer ensemble", a-t-il estimé.

D'autres participants ont estimé quant à eux voir les fruits de leur travail reflétés dans le document, tout en estimant nécessaires d'approfondir certains thèmes. "Il est clair que le chemin à parcourir est encore long. Et pourtant, nous goûtons déjà quelque chose de cette Pentecôte dont parle le texte", ont-ils noté."

Mgr Grusas a clôturé cette première partie du synode à Prague en relevant que, au départ, il n'était pas clair s'il y aurait un document final. "Nous ne savions pas à l'avance quel serait le résultat. Un des traducteurs a dit que c'était un marathon. Nous arrivons à la fin de cette réunion, mais ce n'est pas la fin de la route. La route est encore longue. Nous sommes une seule famille, une seule Eglise d'hommes, de femmes, de clercs, de laïcs, d'ordonnés et d'évêques", a-t-il conclu.

Ce week-end des 11 et 12 février, les présidents des différentes délégations - dont le cardinal Jozef De Kesel - se réuniront pour préparer un document conclusif à l'assemblée synodale de cette semaine

Christophe Herinckx, avec Lieve Wouters et Erik De Smet, correspondants pour kerknet.be


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