Le pape François arrive ce 3 février dans le Sud-Soudan dans le cadre de son voyage apostolique. Le diocèse de Namur raconte l'Eglise de ce pays, en suivant l’abbé Stefaan Lecleir, ancien formateur au Séminaire de Namur.

Le prêtre belge est envoyé "fidei donum" dans le diocèse de Yambio, au Soudan du Sud. Cela signifie qu'il a été envoyé par Missio pour servir l'Église locale. Deux projets lui sont confiés : enseigner des cours à l’université et s’occuper d’une paroisse campagnarde.
Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance en 2011 et connu des années de guerre civile. La région où l’abbé Stefaan Lecleir exerce son ministère est très paisible, mais après une si longue guerre, il y a un manque total d'infrastructures, la corruption règne et une grande partie de la population est analphabète. Ce prêtre belge y a reçu deux missions : enseigner à l’université et aider à faire grandir cette faculté, ainsi que desservir une paroisse située à 40 km du campus.
En mission sous la protection de Sainte Thérèse
"La faculté se trouve dans un vieux bâtiment. Pour donner cours, il y a seulement un tableau noir et les étudiants sont assis sur des chaises de jardin ; ils n’ont même pas de table. Des panneaux solaires font fonctionner 1 seul ordinateur. Nous sommes en train de construire une chapelle qui se trouvera au centre de tous les bâtiments" Son nom ? "Nous la consacrerons à sainte Thérèse de Lisieux ! Cette sainte n’est pas encore très connue ici et elle est la patronne de la Mission" explique l’abbé, enthousiaste. Le campus vise à former des jeunes qui pourront ensuite œuvrer au développement du pays.
"J'ai dû très vite apprendre la langue locale"
"Il faut vraiment se rendre compte qu’environ 70% de la population n’est pas alphabétisé - seulement 5% de la population a fait l’école secondaire - et dans mon village, ce chiffre atteint les 85%" explique l’abbé. "J’ai très vite dû apprendre la langue locale, le pazande, car peu de gens parlent anglais. C’est essentiel pour pouvoir célébrer la messe, pour pouvoir communiquer, mais aussi pour bien comprendre leurs confessions. La population est très jeune et les enfants sont nombreux. La pastorale des jeunes et le catéchisme ont un rôle primordial, ainsi que les moments de détente, les jeux."
"Beaucoup de compassion... et de rires!"
Dans cette région, il n'y a pas vraiment de problèmes de nourriture ou de santé, mais les structures sont sous-développées : pas d’enseignement car pas d’enseignants, pas de routes, pas de démocratie, etc. Ce n’est pas facile de sortir de la pauvreté : les ONG et l’Eglise aident, mais le gouvernement ne fait rien et la corruption règne…
"La vie à la campagne est très simple. La chapelle est faite en bois et en herbes séchées. On circule à vélo et à moto car les chemins sont difficiles. La solidarité y est incroyable : on se bat ensemble pour construire quelque chose et cela crée des liens, on se soutient en cas de difficultés. Le soir on prie ensemble, on récite le chapelet : cela permet de poser ses soucis, de se recentrer. Les adorations rassemblent aussi. La foi fait vraiment partie de leur vie. Les habitants sont doux et bons ; il y a beaucoup de compassion… et de rires !" poursuit l’abbé.
Véronique Joos (titre, intertitres et chapô de la rédaction Cathobel)
👉 Lire le témoignage intégral sur le site du Diocèse de Namur
👉 L'abbé Stefaan Lecleir a créé l'association Sainte Joséphine Bakhita à Yambo.
Pour rappel, le programme de la visite du pape jusqu'au 5 février

