Une semaine pour encourager au dialogue entre différentes confessions, c'est à la fois peu et beaucoup ! Chaque année, depuis 2011, les Nations Unies invitent à une Harmony Week début février. Une semaine interconvictionnelle qui se décline jusqu'en Belgique.

Cette semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle a lieu cette année du 1er au 7 février. Un des temps forts prend place ce vendredi 3 février sous la forme d'une table ronde à New York, siège des Nations Unies. "L'harmonie dans un monde en crise" sera le thème des différentes interventions. "Les futures pandémies et événements catastrophiques naturels vont probablement se poursuivre, ce qui aura un impact négatif sur la santé et le bien-être des populations. Ces facteurs de stress continueront d'accentuer les inégalités déjà existantes, à moins qu'ils ne soient traités de toute urgence."
L'exemple des couloirs humanitaires
Pour cette semaine de l'harmonie interconfessionnelle, de nombreuses initiatives se déclinent dans les organisations qui plaident habituellement pour le dialogue. Dès le premier jour de cette Harmony week, la communauté Sant'Egidio organisait un petit-déjeuner réunissant les représentants des différentes religions. "Après une introduction de l’organisateur, le professeur Jan De Volder, la conversation a porté sur l’engagement commun des religions pour la paix en Europe et dans le monde – dans le contexte de la guerre en Ukraine et ailleurs – et pour l’accueil des réfugiés", raconte Sant'Egidio.
Les cultes reconnus de Belgique œuvrent ensemble dans le cadre du projet “Couloirs Humanitaires”, qui a permis à 250 réfugiés vulnérables de venir légalement dans notre pays et en toute sécurité. Dernièrement, 21 réfugiés syriens sont encore arrivés en Belgique en provenance du Liban. Des comités d’accueil locaux, souvent liés à des diocèses, des églises protestantes et d’autres religions, aident à l’accueil et à l’intégration des personnes.
👉 Couloirs humanitaires: 21 réfugiés syriens sont arrivés en Belgique
Un panel d'activités à Bruxelles

Pour ceux qui voudraient encore s'associer à la semaine de l'harmonie interconfessionnelle, il reste plusieurs activités organisées par la plateforme interconvictionnelle de Bruxelles… Conférence-débat, projection de film, ateliers… Les associations et personnes impliquées mettent en place un programme varié "pour un mieux vivre-ensemble dans la confiance et l'harmonie à Bruxelles"
👉 Détails du programme sur le site d'El Kalima, centre chrétien pour les relations avec l'Islam
En visio-conférence ou en présentiel, plusieurs ONG proposent pendant cette semaine de l'harmonie inter-convictionnelle d'entendre des témoignages. Il ne manque pas de pays dans le monde où il reste difficile de dialoguer avec des personnes d'autres confessions. C'est le cas, par exemple, des Yézidis vivant en Irak dont la population est essentiellement musulmane.
Au quotidien dans des pays multiconfessionnels
Nous avons eu l'occasion d'interroger Khalida, jeune Irakienne de 23 ans, au sujet de l'Harmony week. "Pour moi, ça me semble une semaine très éloignée de la réalité du terrain", reconnaît-elle. Le dialogue avec les autres confessions se joue chaque jour, ou presque, dans des situations quotidiennes. "Par exemple, quand je vais à l'université [pour des études d'infirmière], je dois expliquer à mes amis (musulmans et chrétiens) pourquoi je suis habillée de telle ou telle manière. Il s'agit pour moi de me conformer à ce que je crois qu'ils attendent comme attitude vestimentaire." Précisons que Khalida fait partie de la communauté Yézidis, une minorité qui est la cible de violence et d'enlèvements.

"Je rêve que chacun, et notamment les jeunes filles, puisse dire et faire ce qu'elles veulent", clame notre témoin invitée par l'ONG Search for Common Ground. Elle fait allusion aux restrictions de circulation dont les Yézidis, et particulièrement les filles et femmes, font l'objet pour éviter tout enlèvement et actes de violence.
Récemment, Khalida a pu se rendre à une conférence internationale qui se déroulait à Londres sur la liberté de religion. "ça m'a beaucoup encouragé, confirme-t-elle, de voir et d'entendre les bonnes idées mises en place partout dans le monde." Par exemple, voir un espace de dialogue entre juifs et palestiniens s'avère inspirant pour cette jeune étudiante d'une culture différente de la religion majoritaire en Irak.
AF de Beaudrap

