Grand entretien – Martin Steffens : « Avoir une famille ou des amis, c’est ça, la vraie richesse! »


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Grand entretien –  Martin Steffens : « Avoir une famille ou des amis, c’est ça, la vraie richesse! »
Par Vincent Delcorps
Publié le - Modifié le
2 min

Le philosophe français nous invite à regarder les crises de notre temps avec lucidité, mais aussi avec espérance. Et pour nourrir celle-ci, rien de tel que les relations! Oser l’amitié, c’est prendre le risque d’une vie plus passionnante…

Préparer aujourd’hui pour réparer demain". Tel est l’intrigant thème que le philosophe déclinera le 18 février, lors d’une journée Laudato si’ à Tibériade. "Réflexions libres et philosophiques pour nous conscientiser à l’enjeu des crises", annoncent les organisateurs. Mais peut-on vraiment réparer ce qui n’est pas encore advenu? Toutes les crises sont-elles à notre portée? N’’est-il pas déjà trop tard? Et comment garder la foi? A dix jours de sa venue en Belgique, nous avons pris le temps d’échanger avec Martin Steffens. Nous avons rencontré un homme plein de douceur, d’intelligence et de bienveillance. Avec lui, nous avons échangé sur les défis de notre monde – et les raisons d’y croire encore.

Vous nous invitez à "réparer demain". Estimez-vous aujourd’hui que demain est déjà menacé?

Oui, c’est sûr que demain est menacé. En fait, j’ai un peu l’impression que nous sommes en train de revenir à la conception païenne du temps. Ce qui est d’ailleurs assez normal puisque notre société sort de plus en plus de l’horizon chrétien.
Quelle est donc cette conception païenne du temps?
Elle invite à croire que de l’avenir ne peut venir que du mauvais. Toute la structure mythologique des peuples païens consiste d’ailleurs à empêcher que l’événement ait lieu. Dès qu’un événement se produit, on le ramène à ce qu’en disait déjà le mythe. Mais avec les juifs et les chrétiens, un autre mythe émerge. Dorénavant, l’avenir a droit au chapitre. Mieux: de l’avenir pourront venir le Messie et la libération. L’avenir devient porteur de beaucoup plus que ce qui se trouve dans le passé. Cette façon de lire le temps est, à mon avis, un bel acquis du christianisme. Concrètement, tous les matins, le chrétien doit pouvoir se dire: peut-être qu’aujourd’hui, je vais croiser des figures du Sauveur. Le jour s’est ouvert, on a arrêté de ramener le présent au passé. Cet horizon a pour vertu l’espérance.

Propos recueillis par Vincent DELCORPS

Catégorie : L'actu

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