
Les responsables de la Compagnie de Jésus, à Rome, ont annoncé mardi 21 février de nouvelles sanctions contre le prêtre et mosaïste slovène Marko Rupnik. Ce dernier est accusé par plusieurs religieuses d’attouchements et de viol sur fond d’emprise psychospirituelle.
Les responsables des jésuites ont renforcé, mardi 21 février, les sanctions imposées au père Marko Rupnik, prêtre et mosaïste slovène visé par de nombreuses plaintes d’abus spirituels et de violences sexuelles.
Le jésuite était déjà frappé de plusieurs interdictions : donner des conférences, célébrer la messe en public ou quitter la région de Rome sans l’autorisation de ses supérieurs. Désormais, il est également contraint de cesser toute « activité artistique publique ».
15 nouvelles victimes dénoncent un harcèlement spirituel, psychologique et sexuel
Ces nouvelles sanctions interviennent après la conclusion d'une enquête interne lancée le 18 décembre par la Compagnie de Jésus. Début décembre, les premiers témoignages contre le père Rupnik étaient connus. Aujourd'hui, trois professionnels laïcs continuent de recueillir les témoignages, dont 15 nouveaux (portant à 24 le nombre de témoignages portés à l’encontre du prêtre) de 12 femmes et trois hommes, relatant des faits ayant été commis entre 1980 et 2018. Ces victimes affirment avoir subi « des abus de conscience, avoir été harcelés spirituellement, psychologiquement ou sexuellement lors d’expériences personnelles de relation avec le père Rupnik ». Le prêtre, invité à s’expliquer devant l’équipe d’enquête mise en place par les jésuites, n’a jamais répondu aux sollicitations.
Comment l'Eglise va-t-elle statuer?
Marko Rupnik avait été brièvement excommunié en 2020 – avant que cette sanction ne soit levée, sans intervention papale ! – pour avoir donné en 2015 « l’absolution », pendant une confession, à une religieuse novice qu’il avait précédemment agressée sexuellement. Ces faits, signalés aux jésuites en 2018, avaient donné lieu à de premières sanctions en 2019.
Que va-t-il advenir du père Rupnik? Le rapport rendu par les experts aux responsables jésuites devrait déboucher sur une « procédure » interne, avec pour éventuelles conséquences l'indemnisation des victimes, l'obligation de soins, la réduction à une vie de pénitence et de prière, voire l'expulsion de la vie religieuse. Cette dernière sanction, la plus élevée en droit canonique, empêcherait tout contrôle des « actions, décisions et déplacements » de Marko Rupnik.
Si on peut en déduire que toutes les activités publiques du père Rupnik programmées dans les prochaines semaines sont irrémédiablement compromises, rappelons que, fin décembre, devant les journalistes, le supérieur général de la Compagnie de Jésus, le père Arturo Sosa, avait néanmoins affirmé ne pas voir d’inconvénient à ce que Marko Rupnik poursuivre « son travail d’artiste », indiquant que son œuvre ne faisait « pas partie de son ministère ».
S.D. avec La Croix

