Connaissez-vous la cérémonie des portraits ?


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Connaissez-vous la cérémonie des portraits ?
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

Pour la dixième année consécutive, la Kazerne Dossin a organisé la cérémonie des portraits. C'est ainsi que 210 nouvelles figures ont ajoutées sur le mur qui leur est dédié.

(c) Sacha Kleinblatt

A son ouverture en 2012, la Kazerne Dossin, le Mémorial, musée et centre de recherche sur la Shoah et les Droits humains, affichait 19.116 photos sur un mur. Mais, faute de photo correspondante, un quart des victimes étaient sobrement symbolisées par une silhouette, dont la forme indiquait s'il s'agissait d'un bébé, d'un enfant (en bas âge), d'un adolescent, d'un adulte ou d'une personne plus âgée. Depuis l'inauguration, de nouvelles photos ont été trouvées et ajoutées chaque année sur le mur grâce au projet Donnez-leur un visage.

Sortir de l'anonymat

Le 24 novembre 2022, le mur des portraits a été complété par 210 nouvelles photos. Désormais, elles sont au nombre de 20.904 , contre 4.939 silhouettes de personnes disparues. Pour donner un visage à celles-ci, la mobilisation de l'entourage des défunts est sollicitée : membres de la famille, amis, anciens camarades de classe et voisins, mais aussi chercheurs individuels, archivistes, institutions partenaires... La démarche permet de sortir de l'anonymat et de rendre une dignité à ces victimes de la barbarie nazie.

L'histoire d'Aron Luksenberg a été redécouverte grâce à la recherche patiente d'un conservateur.

Parfois, une belle histoire surgit de ces visages. Comme celle d'Aron Luksenberg.
Conservateur de la Maison de la Résistance franco-belge, Jo Peeters raconte : "Contrairement à ce qu’avaient communiqué les autorités, le garçon n'est pas décédé à Auschwitz à la fin du mois d'avril 1943." Les recherches approfondies (par le biais de journaux intimes, de témoignages et de publications de cercles d'histoire en Flandre et en Wallonie) ont révélé qu'il a sauté du Transport XX. "Ensuite, il a été recueilli par l'abbaye de Bierbeek, d’où il a été transféré clandestinement à Wavre. Après avoir vécu dans une cache, il a été adopté après la guerre. Il est le seul de sa famille à avoir survécu à la guerre. Au cours des recherches, une photo d'Aron est apparue."

A. T.


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