Comment les médias ont-ils réagi au rapport de l’Eglise catholique?


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Comment les médias ont-ils réagi au rapport de l’Eglise catholique?
Photo d'illustration pour les journaux publiés ce jour
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

C'est ce mercredi 30 novembre qu'a été publié le rapport annuel de l'Eglise catholique belge, relatif à l'année 2021. Ce rapport a été largement commenté dans les journaux et médias, tant au nord qu'au sud du pays. Voici notre petite retite revue de presse.

Photo d'illustration pour les journaux publiés ce jour

Tous les médias belges auront donc reçu l'état des lieux de l'Eglise pour l'année dernière. Certains y ont vu la capacité de nos institutions catholiques à s'adapter ("L'Eglise plie mais ne rompt pas", titre par exemple Le Soir) tandis que d'autres s'alarment du nombre de fidèles quittant le navire ("5200 catholiques belges ont demandé à être débaptisés en 2021", lit-on sur le site de la RTBF).

Revue de presse en Flandre

De Standaard note qu'"un prêtre sur cinq vient de l'étranger" mais relève aussi que l'Église s'engage de plus en plus dans la numérisation. Biddenonderweg.org, le podcast de prière des Jésuites, attire chaque jour 21.000 auditeurs. Kerknet, le site web de l'Église catholique en Flandre, enregistre 220.000 visiteurs uniques par mois.

Le site Kerknet ouvre sa Une au rapport de l'Eglise catholique en 2022

Pour Kerk en Leven, l'Église se renouvelle et se revitalise. Le magazine souligne trois points : la solidarité liée aux inondations de l'été 2021 ouvre le rapport annuel; l'innovation et la numérisation sont des fils conducteurs; la diversité a lieu au sein de l'Église.

Le média catholique interviewe Jeroen Moens, l'un des co-auteurs du rapport: "Les chiffres réfutent le cliché selon lequel l'Église est en train de mourir", déclare-t-il . Comme De Standaard, il cite plusieurs initiatives numériques :

  • chez les jésuites et les dominicains
  • le tout nouveau service d'évangélisation par les nouveaux médias dans le diocèse d'Anvers,
  • les projets de Space for Grace en Flandre
  • et Ecclesialab, une plateforme fondée par l'UCLouvain qui guide des projets innovants en matière de pastorale en Belgique et en France francophones.

Jeroen Moens conclut: "Avec ce rapport, les évêques veulent communiquer de manière transparente, donner aux personnes actives dans l'Église une vision de ce qui se passe dans les autres diocèses, y compris au-delà de la frontière linguistique, et faire comprendre à la société au sens large que nous sommes un acteur social, des actions de solidarité à la prise de notre responsabilité sociale, comme dans le domaine de l'écologie."

Dans l'éditorial de Tertio, John Van der Vloet souligne le dilemme qui se pose à l'Eglise: "si elle abolit en grande partie les anciennes structures et adopte une nouvelle approche, alors elle perdra beaucoup de personnes qu'elle atteint encore. En revanche, elle ne sait pas si de nouveaux publics peuvent être atteints".

Du côté de la VRT, enfin, « l'Église catholique rétrécit (moins de pratiquants, de baptêmes, de confirmations et de mariages) mais se féminise ».

En régions francophones

Dans Le Soir, une double page met en parallèle une interview de Caroline Sägesser, chercheuse au Crisp, avec les propos d'Eric de Beukelaer, vicaire général du diocèse de Liège. Pour la première interviewée, spécialiste des cultes et de la laïcité, "là où la baisse est spectaculaire, c’est dans le comptage dominical". De son côté, l'ancien porte-parole des évêques belges nuance: "Il en va de l’Eglise catholique comme des changements politiques et sociologiques. Les catholiques pratiquants sont moins nombreux et leurs rangs vont continuer à se tasser. C’est dans l’ordre des choses. Mais le catholicisme reste la première appartenance religieuse du pays et cela ne va pas changer. La plupart de nos concitoyens ont une histoire commune avec l’Eglise catholique, même si elle peut être douloureuse."

👉 Caroline Sägesser a été l'invitée de l'émission "Pleins feux", à réécouter ici

Dans le numéro Dimanche de cette semaine, Vincent Delcorps rappelle dans son éditorial: "ces chiffres sont utiles: ils montrent que si les croyants demeurent nombreux, ils le sont de moins en moins. Et que l’Eglise, dans nos régions, est en pleine période de transition."

La Libre, pour sa part, choisit de titrer sur le nombre de demandes pour être débaptisés. On y lit notamment que "de nombreuses églises, quand elles sont trop vastes pour le nombre de fidèles, s’ouvrent désormais à des utilisations secondaires."

C'est aussi l'angle adopté par la RTBF dans son article en ligne et dans l'émission radio "Déclic" (sur La Première). "5200 catholiques belges ont demandé à être débaptisés en 2021", titre le service public. Sur ce sujet, en particulier, les débats se poursuivent sur les réseaux sociaux. En 24 heures, la question a suscité 1.500 commentaires sur la page Facebook.

Eglises vides ou pleines ? Cela dépend, avec toutes les nuances... Et la pratique religieuse n’est pas nécessairement réductible au dimanche.

Terminons par SudPresse qui reprend les propos de Caroline Sägesser, sous le titre  « Les catholiques en passe de devenir une minorité ». Mais le journal donne aussi écho au porte-parole de la conférence épiscopale de Belgique, Tommy Scholtes qui, selon SudPresse, « confirme (...) un tassement général de la pratique et il n’exclut pas qu’on ne récupère jamais les habitudes d’avant Covid. »

Si plusieurs journaux titrent surtout sur les demandes de débaptisation, SudPresse lie cela au débat sur l’homosexualité. Le journal cite Tommy Scholtes dans son analyse des faits: "La débaptisation est
un moyen de dire qu’on n’est pas d’accord qu’avec quelque chose qui s’est passé
". Que ce soient les révélations d'abus sexuels ou la prise en compte des couples homosexuels, cette actualité peut amener certains chrétiens à se positionner un peu plus à l'extérieur de l'Eglise.

AFdB / NG


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