La 12ème assemblée plénière de la fédération des églises d'Asie qui s'est tenue près de Bangkok a donné lieu à des retrouvailles pour les 50 ans de cette organisation. Les délégués venus de 29 membres ont réfléchi comment mieux inclure les femmes et les jeunes pour que l'Église soit davantage missionnaire.

Prévue en 2020, la 12e assemblée plénière de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie (FABC) ne s’est tenue qu’en 2022 en raison des mesures sanitaires liées à la pandémie. Du 12 au 30 octobre 2022, plus de deux cents délégués venant de 29 pays membres, comme l’Afghanistan et le Timor oriental, se sont retrouvés à Nakorn Pratom, à l’est de Bangkok. Tous désirent ardemment l’unité et le renouveau de l’Église catholique en Asie, en cheminant pour une Église en mission dans le monde d’aujourd’hui et en réfléchissant autour du thème "Cheminer ensemble en tant que peuples d’Asie".
Ce rassemblement était aussi une occasion, pour les Églises en Asie, de célébrer les 50 ans de la fondation de la FABC, créée en 1970. Les célébrations du 50e anniversaire avaient déjà été lancées avant la session d’octobre, en août 2022 au sanctuaire du bienheureux Nicolas Bunkerd Kitbamrung.
"Vous vivez dans un continent multiculturel et multireligieux, d’une grande beauté, prospère, mais éprouvé en même temps par une pauvreté et une exploitation à plusieurs niveaux", avait déclaré le pape François en novembre 2019 lors de sa visite en ce même lieu.
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Rencontre avec les évêques de THAÏLANDE et de la FABC
Vers une Église plus inclusive
A l'ordre du jour de cette assemblée plénière en octobre, la place des femmes et des jeunes, le réchauffement climatique et les migrants ont fait partie des sujets débattus. Tous sont motivés par la volonté de rendre l’Église en Asie plus missionnaire, participative et accueillante.
Parmi les intervenants durant l’assemblée, Marie Yuen, professeur d’éthique sociale au séminaire du Saint-Esprit à Hong-Kong, a constaté que la culture hiérarchique et patriarcale dans certains pays asiatiques accentue le cléricalisme, et reste un défi pour l’Église. Malgré un nombre relativement important de femmes engagées dans l’Église locale, elles sont, selon elle, encore absentes des structures décisionnelles ecclésiales.
Elle a souligné que "les femmes sont souvent inconscientes du fait qu’elles peuvent y jouer un rôle plus important". Marie a ajouté que même si l’Église catholique affirme la dignité baptismale, identique et égale pour tous les baptisés, il y a cependant "de grandes différences entre les principes et la pratique". Par ailleurs, elle a également estimé que le principe de complémentarité – des différents rôles et fonctions des hommes et des femmes dans l’Église – "pourrait conduire à davantage d’exclusion des femmes des positions décisionnelles".
L’absence des jeunes a aussi été une des questions essentielles abordées par les pasteurs asiatiques. Le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et président de la FABC, a notamment suggéré que "nous devons évangéliser les jeunes là où se trouvent les jeunes". Par ailleurs, il a souligné que la connaissance des réseaux sociaux est nécessaire pour la pastorale des jeunes aujourd’hui. Vu le contexte hiérarchique en Asie, Gregory Pravin, responsable de la pastorale des jeunes de l’archidiocèse de Kuala Lumpur, en Malaisie, a invité à établir des liens d’amitié avec les jeunes avant d’enseigner : en trouvant un lien, en se laissant contester et en se plaçant dans une position vulnérable d’égal à égal.
L’hospitalité à la thaïlandaise
Durant l’assemblée, l'ambiance festive était apportée par les spectacles, les danses et la musique afin d’offrir la meilleure hospitalité possible aux invités venus de loin. Ces journées ont servi de grandes retrouvailles familiales, fraternelles et conviviales après le Covid.
"C’est un grand honneur pour la Thaïlande", a déclaré Mgr Weradet Chaiseri, archevêque de Tharé-Nongseng, au nord-est de la Thaïlande, qui considère que, malgré le petit nombre de catholiques dans le pays, cette assemblée plénière montre la capacité d’accueil ainsi que le rôle significatif de l’Église thaïlandaise sur la scène internationale.
"Je suis très heureuse d’avoir pu contribuer à ce grand rassemblement. Nous avons travaillé pendant longtemps, et cela porte du fruit", a confié Sattavut Kumbua, qui fait partie d’un groupe de jeunes chanteurs thaïlandais qui a accueilli l’assemblée dès le premier jour du rassemblement.
⬇️ Vidéo anniversaire (en anglais) résumant les propos des différents évêques ⬇️
"Il n’y a pas d’autre voie que de cheminer ensemble"
"C’est une grâce", a également salué le père Sarawin Patsriruang, qui a fait découvrir à des invités l’église de la Nativité de Bang Nok Khwaek, construite au XIXe siècle et située à Ratchaburi, à environ 80 km à l’est de Bangkok. "Ce n’est pas tous les jours que l’on peut accueillir des évêques de toute l’Asie", s’est-il réjoui. La visite de ces invités spéciaux dans son diocèse a été pour lui une surprise, car bien souvent, les visites ont plutôt lieu à Ayutthaya, où le christianisme est né dans le pays.
"Je n’ai jamais vu autant d’évêques venus de plusieurs pays à travers l’Asie se réunir ici", a confié Sattavut Kumbua. "Je peux ainsi sentir ce que c’est que l’unité de l’Église."
Durant la messe de clôture de l’assemblée plénière, le dimanche 30 octobre dernier, le cardinal Luis Antonio Tagle, envoyé spécial du pape François, a apporté "un message de communion et de proximité du Saint-Père" et des mots de remerciements à tous ceux et à toutes celles qui ont permis, d’une façon ou d’une autre, l’organisation de ce rassemblement. Pour le cardinal philippin, ces deux semaines concrétisent ce que cela signifie de "cheminer ensemble" dans le contexte asiatique, pluraliste, multiculturel et religieux. "Il n’y a pas d’autre voie que de cheminer ensemble", a souligné le cardinal Tagle.
AFdB (d'après Eglise d'Asie)
