Son parcours professionnel est jalonné de "hasards qui font bien les choses". Tel est le regard que porte Sonja Develter sur sa vocation à accompagner les jeunes patients en fin de vie. Soucieuse du bien-être de tous, elle a réussi à créer trois services de soutien aux familles d’enfants gravement malades.

Infirmière au long cours, Sonja Develter est issue d’une famille nombreuse dont la plus jeune, An, est trisomique. "Enfant, je m’interrogeais sur les raisons de la trisomie, du handicap et j’ai fait des recherches. Par ailleurs, j’ai toujours été attirée par la pédiatrie. Tout cela a dû jouer dans le choix de mon orientation. Je voulais devenir médecin mais, à l’époque, les filles étaient plutôt orientées vers le métier d’infirmière. Au final, je suis très contente car je me suis sentie beaucoup plus proche des patients."
La mort est un passage
Quant à son engagement dans les soins palliatifs, il trouve aussi sa source dans son vécu personnel. "J’avais déjà cela en moi avec ma sœur An, qui ne parle pas. Puis, quand j’avais 15 ans, mon papa est mort dans la souffrance; je n’ai pas gardé un bon souvenir de son hospitalisation. Par contre, à 29 ans, j’ai accueilli à la maison ma maman qui était en fin de vie."
C’est alors que Sonja vit une expérience particulière: sa maman était très préoccupée par l’avenir de sa fille trisomique. "J’étais à côté d’elle et je la vis qui semblait parler à quelqu’un. J’avais l’impression de la déranger. Je lui dis: "Si c’est papa, vas-y! On s’occupera bien de An." Elle s’est alors éteinte immédiatement, rassurée et j’ai ressenti une paix immense", nous confie Sonja.
Par la suite, son frère vivra une expérience de mort imminente. "Mes petits patients m’ont aussi appris énormément quand ils étaient en train de partir. Tous m’ont dit: "Il ne faut pas avoir peur!" Cela m’a servi. J’ai appris à être présente, tout simplement. Vous captez des choses tellement vous êtes connectés avec la personne qui s’en va."
Pour elle, c’est clair: "Avec tout ce que j’ai lu, toutes les conférences que j’ai entendues et ce que les enfants m’ont raconté, la mort est un passage! Et pour avoir étudié d’autres approches, je crois en la réincarnation. Dans la Bible, on en a parlé."
Nancy GOETHALS
Trois prolongements de son action
- le service Interface pédiatrique qui s'est développé désormais au niveau fédéral
- une maison de répit: la Villa Indigo à Evere
- un espace d'accueil pour les fratries, Tri-Angles
