Le Vatican valide un accord controversé avec la Chine


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Le Vatican valide un accord controversé avec la Chine
Par Nancy Goethals
Publié le - Modifié le
3 min

Tandis que le Vatican vient de reconduire pour la deuxième fois l’accord sur la désignation des évêques chinois, le procès du cardinal Zen à Hong Kong reprend ce mercredi.

Comment vivre sa foi catholique en Chine ? Un sujet de controverse au sein même de l'Eglise_CC by 2.0.

Au mois de mai dernier, l'arrestation du cardinal Zen pouvait augurer de complications dans les négociations entre le Saint-Siège et la Chine (lire L’arrestation du cardinal Zen, un test pour l’accord Chine-Vatican). Hasard du calendrier ? Le procès reporté de Joseph Zen reprend au moment même où le cardinal Pietro Parolin, secrétaire de l'Etat du Vatican, annonce la reconduction de l'accord signé en 2018. Ces deux événements remettent en évidence deux sujets sensibles - et parfois liés - en Chine : la reconnaissance de la foi catholique et les persécutions des opposants au régime communiste.

Mgr Joseph Zen a démissionné en 2009 et est considéré comme un ardent défenseur des droits humains, de la liberté de culte et de la démocratie_(c)CC by S.A.4.0.

Selon nos confrères de La Libre, « le prélat catholique, âgé de 90 ans, est jugé en même temps que plusieurs militants pour la démocratie dans l’ex-colonie britannique pour leur implication dans le Fonds d’aide humanitaire 612, auquel il est reproché d’avoir financé les mouvements d’opposition au régime communiste chinois. … » De son côté, The Guardian rappelle que ce Fonds a été dissous en 2021 alors que la police avait ordonné de remettre des informations sur ses donateurs et ses bénéficiaires.

Un accord controversé

Le Saint-Siège se dit soucieux de poursuivre avec les autorités chinoises « un dialogue respectueux et constructif pour faire avancer la mission de l'Église catholique et le bien du peuple chinois ». Pour le Vatican, il s’agit en fait d’un enjeu majeur, rappelle La Libre, car il considère que les évêques sont les garants de l’unité du catholicisme.

En 2018 déjà, le cardinal Zen dénonçait l'accord qu’il qualifiait de « trahison des catholiques clandestins de Chine qui ont été persécutés pour être restés fidèles à Rome et avoir refusé de reconnaître l'Association patriotique catholique soutenue par le parti communiste".

Aujourd’hui, le Saint-Siège dit avoir mené des «consultations et évaluations appropriées» qui aboutissent à la validation et la prolongation de cet accord. Mais l’arrestation et le procès de Joseph Zen mettent mal à l’aise les autorités de l’Etat du Vatican qui a préféré ne pas s’exprimer sur la question. Pietro Parolin a déclaré qu’il ne fallait pas voir de lien entre l’arrestation de Mgr Zen et cet accord historique, destiné à surmonter le principal obstacle dans les rapports entre le Saint-Siège et la Chine. Relevons toutefois que si le sujet est relativement tabou, le Saint-Siège avait manifesté son inquiétude quant à l'arrestation de Joseph Zen et affirmé suivre l’évolution de la situation avec une extrême attention.

Le Vatican veut faire preuve de diplomatie et de patience

Dans un entretien accordé à l'agence Reuters en juillet dernier, le Pape avait parlé du «martyre de la patience». Il faisait alors référence aux efforts diplomatiques du cardinal Agostino Casaroli, l'architecte de l'Östpolitik du Vatican envers les pays de l'Est. Cette vision de la diplomatie, qui semble se plier aux injonctions de son interlocuteur, risque de diviser la communauté chrétienne, ce qui s'est produit lors de l’arrestation de Joseph Zen.

Auprès de nos confrères de L’Osservatore Romano et de Vatican News, le cardinal Parolin a toutefois tenu à se réjouir que “tous les évêques de l’Église catholique en Chine sont en pleine communion” avec Rome. De plus, ajoutait-il, six ordinations épiscopales “ont eu lieu dans l’esprit de l’accord, conformément à la procédure établie qui laisse au pape le dernier mot.” Le cardinal annonce par ailleurs que "six évêques qui faisaient partie de l’Église clandestine ont été reconnus par Pékin et ne doivent plus se cacher".

NG avec plusieurs médias

Les inquiétudes que partageait le cardinal Joseph Zen au micro de KTO, en 2012, restent pleinement d'actualité.

Catégorie : L'actu

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