RADIO – Il était une foi… La crise alimentaire au Sahel et dans la Corne de l’Afrique


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RADIO – Il était une foi… La crise alimentaire au Sahel et dans la Corne de l’Afrique
Salamatou Oumarou, 25 ans, cueille quelques feuilles d'arbre pour avoir quand même quelque chose à manger pour elle et sa famille (Caritas International)
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Manu Van Lier reçoit Sébastien Dechamps et Guillaume Schneider, deux représentants de Caritas International, pour évoquer l'aide humanitaire déployée au Sahel et dans la Corne de l'Afrique pour faire face à une situation de famine extrême. Au Niger, un cinquième de la population (4,4 millions de personnes) est exposé à un risque d'insécurité alimentaire sévère.

Salamatou Oumarou, 25 ans, cueille quelques feuilles d'arbre pour avoir quand même quelque chose à manger pour elle et ses trois enfants. (photo: Caritas International)

La situation est aggravée par plusieurs facteurs qui s’entremêlent, parmi lesquels : des récoltes très déficitaires en 2021– du jamais vu depuis 20 ans – une sécheresse de plus en plus intense, et un contexte d’insécurité prégnant dans les régions fréquentées par des groupes armés. Notamment à cause des impacts économiques du Covid-19 et de la guerre en Ukraine, les prix des denrées alimentaires montent en flèche.

"Les prix des aliments de base comme le mil, le blé, le riz et l’huile ont grimpé de 18% à 40% par rapport aux années antérieures" s’inquiète Chetima Mai Moussa, représentant de Caritas International Belgique au Niger. Et alors que les besoins sont en hausse, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a diminué de moitié ses rations d’aide alimentaire, faute de financements.

Au Niger et ailleurs, Caritas International soutient les personnes et les communautés les plus vulnérables dans leurs efforts pour sortir durablement de la faim et de la pauvreté. Mais aujourd’hui, face à cette situation d’extrême urgence, c’est la survie de ces personnes qui se joue.

Main dans la main avec les populations, Caritas et son réseau mondial montre que la faim n’est pas une fatalité. Des solutions existent et l’espoir peut renaitre.

Sébastien Dechamps, coordinateur des urgences humanitaires de Caritas International et Guillaume Schneider, chargé des projets de Caritas au Niger font le point pour nous.

Réalisation et présentation: Manu Van Lier.

La faim extrême menace les enfants et les jeunes mères

Imaginez. Il est 6h15. Les premières lueurs du jour vous réveillent, ainsi que les pleurs de votre bébé. Mais dans votre hutte, vous n’avez rien pour soulager sa faim.

Hier, vous n’avez mangé que quelques feuilles d’un arbre. Avec du sel et quelques épices, elles avaient un peu de goût. Mais des feuilles ne remplissent pas un estomac vide. Pire encore : parce que vous souffrez de malnutri[1]tion depuis des mois, vous ne pouvez plus allaiter votre bébé. Ceci dit, le fait qu’il continue à pleurer est encore un bon signe. Car, à cause de la faim et de la malnutrition, beaucoup de bébés sont trop faibles pour pleurer.

« Je vis des feuilles des arbres »

Témoignage de Mariama Issoufou (Niger)

Mariama Issoufou, avec son fi ls sur le dos. Elle survit maintenant grâce aux feuilles des arbres et mange parfois un peu de pâte à base d’écorce de millet, qui sert normalement à nourrir les animaux. (photo: Caritas International)

Pour Mariama Issoufou (22 ans) et son fi ls de six mois, c’est la dure réalité du quotidien. En décembre, après la dernière - maigre - récolte, son mari est parti pour Niamey, la capitale du Niger, pour trouver du travail. Il n’a jamais vu son fi ls, Kalifa. Il tente d’envoyer de l’argent à Mariama, mais sans grand succès. Mariama a pu utiliser un petit terrain où cultiver du millet, mais il n’en restait déjà plus rien en mars. Avant, elle trouvait encore des pois sauvages par-ci par-là, mais ils avaient déjà disparu au printemps. « Maintenant, je vis des feuilles des arbres », dit Mariama. Les feuilles des quelques arbres qui survivent sur le sol rouge et Mariama Issoufou, avec son fi ls sur le dos. Elle survit maintenant grâce aux feuilles des arbres et mange parfois un peu de pâte à base d’écorce de millet, qui sert normalement à nourrir les animaux. aride du Niger. Parfois, elle mange une pâte à base d’écorce de millet, qui sert normalement à nourrir les animaux. A cause de ces maigres apports, elle souffre d’anémie et n’a pas assez de lait pour son fi ls. « Dans notre village, huit femmes sur dix vivent la même chose que moi  », ajoute Mariama Issoufou. Avec leurs enfants, elles survivent grâce aux feuilles des arbres. Tant qu’il en reste. C’est inhumain et dégradant. Ensemble, nous pouvons faire quelque chose. Vous et Caritas International.

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Sur le sujet: Niger - Contexte et témoignages (article de Caritas International)

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