A Nour-Soultan, François évoque les défis du monde


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A Nour-Soultan, François évoque les défis du monde
Par Vatican News
Publié le - Modifié le
7 min

Entouré des chefs religieux du monde entier, à Nour-Soultan, la capitale kazakhe, le Pape François a prononcé un dense discours pour l’ouverture du VIIe Congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles, ce mercredi 14 septembre. Il a ensuite présidé une messe. Cette journée fut aussi l'occasion de renouveler l'accord de 1998 entre le Saint-Siège et le Kazakhstan.

Tout au long de son discours, le Pape s’est inspiré d’un célèbre poète kazakhstanais, Abaï Kounanbaïouly (c) Vatican Media

Le premier événement majeur du programme du Pape au Kazakhstan a eu lieu ce mercredi 14 septembre au matin à Nour-Soultan, lorsqu'il s'est adressé aux participants du VIIe Congrès des chefs des religions mondiales et traditionnelles.

François colore son discours avec la culture kazakhe

Cette réunion de deux jours, qui a lieu tous les trois ans depuis 2003, a rassemblé des chefs religieux du monde entier pour se concentrer cette fois-ci sur la manière dont les chefs religieux peuvent favoriser le développement spirituel et social dans le monde post-pandémique. Plus de 100 délégations de 50 pays participent au congrès, composées de représentants religieux, culturels, civils, gouvernementaux et non-gouvernementaux.

Tout au long de son discours d’une dizaine de pages, le Pape s’est inspiré d’un célèbre poète kazakhstanais, Abaï Kounanbaïouly, avant de se livrer à une ôde à la liberté religieuse. La liberté religieuse est un droit fondamental, primaire et inaliénable, a-t-il rappelé sur ces terres kazakhes où a longtemps dominé l’athéisme d’État. «Nous avons donc besoin de religion pour répondre à la soif de paix du monde et à la soif d’infini qui habite le cœur de chaque homme.»

Toute personne à le droit de témoigner publiquement de sa croyance, a continué le Souverain pontife, «reléguer à la sphère du privé la croyance la plus importante de la vie priverait la société d’une richesse immense.»

Ensuite, devant ses frères et sœurs responsables religieux, François a développé les quatre défis mondiaux qui appellent chacun, et de manière particulière les religions, à une plus grande unité d’attention.

1er défi: Ne pas oublier la vulnérabilité

Le premier des défis sur lesquels est revenu François: ne pas oublier la vulnérabilité qui nous caractérise, attention «à ne pas tomber dans de fausses présomptions de toute-puissance suscitées par des progrès techniques et économiques, qui ne suffisent pas à eux seuls» et «à ne pas céder à un développement insoutenable qui ne respecte pas les limites imposées par la création». En somme, notre vulnérabilité commune apparue pendant la pandémie «devrait nous inciter à ne pas continuer comme avant, mais avec plus d’humilité et de clairvoyance.»

Pour devenir des artisans de communion, les croyants de l’après-pandémie sont appelés au soin, notamment «en écoutant des plus faibles, en donnant la parole aux plus fragiles, en se faisant l’écho d’une solidarité globale qui les concerne en premier lieu, les pauvres, les nécessiteux qui ont le plus souffert de la pandémie qui a fait émerger avec force l’iniquité des inégalités planétaires».

2e défi : la paix

Deuxième défi: celui de la paix. Un sursaut est nécessaire et il faut qu’il vienne «de nous», a expliqué le Pape a ses frères et sœurs responsables religieux, «en mémoire des horreurs et des erreurs du passé, unissons nos efforts pour que jamais plus le Tout-Puissant ne devienne otage de la volonté de puissance humaine.»

Comme le rappelle Abaï le poète kazakh, les source de l’humanité sont l’amour et la justice, «ce sont elles les couronnes de la création divine». «Que le sacré ne soit pas l’accessoire du pouvoir et que le pouvoir ne soit pas l’accessoire du sacré !», a exhorté François.

Le Pape qui a donc invité les représentants religieux à ses côtés à la rencontre, au dialogue, aux négociations avant de présenter un autre défi mondial: celui de l’accueil fraternel.

3e défi : l'accueil fraternel

Aujourd’hui la difficulté d’accepter l’être humain est grande, a dit François, «Chaque jour, des enfants à naître et des enfants, des migrants et des personnes âgées sont rejetés. Beaucoup de frères et sœurs meurent sacrifiés sur l’autel du profit, enveloppés par l’encens sacrilège de l’indifférence.»

«Des régions les plus défavorisées, on cherche à atteindre les plus riches», a continué le Saint-Père, expliquant que les déplacements de population ne sont pas des faits divers mais des faits historiques qui exigent des solutions partagées et clairvoyantes. La langue kazakhe invite à ce regard accueillant, a salué le Pape, car  «aimer» signifie littéralement « avoir un regard bon sur quelqu’un», « l’homme doit être l’ami de l’homme» a-t-il dit, reprenant les paroles d’Abaï: « apprenons aussi à avoir honte: oui, à éprouver cette saine honte qui naît de la pitié pour l’homme qui souffre, de l’émotion et de la consternation pour sa condition, pour son destin auquel il faut se sentir participant.»

4e défi : la sauvegarde de la maison commune

Enfin, dernier défi et non des moindres, la sauvegarde la maison commune: elle ne doit pas être soumise à la logique du gain. «Avec un soin rempli d’amour, le Très-Haut a établi une maison commune pour la vie : et nous, qui nous déclarons siens, comment pouvons-nous permettre qu’elle soit polluée, maltraitée et détruite ? Unissons également nos efforts pour ce défi». Un défi qui se rattache au défi de la pandémie, des virus sont capables d’effriter les grandes ambitions du progrès, «pensons par exemple à la déforestation, au commerce illégal d’animaux vivants, aux élevages intensifs... C’est la mentalité de l’exploitation qui dévaste la maison que nous habitons. Pas seulement.»

En conclusion, François a invité à marcher ensemble. Comme le disait Abaï, «un faux ami est comme une ombre: quand le soleil brille sur toi, tu ne te débarrasseras pas de lui, mais quand les nuages s’accumulent sur toi, tu ne le vois nulle part», alors, «ne cherchons pas de faux syncrétismes conciliants, mais gardons nos identités ouvertes au courage de l’altérité, à la rencontre fraternelle.»

Le Saint-Siège et le Kazakhstan renouvellent leur accord de 1998

Vingt-quatre ans après le 24 septembre 1998, le Saint-Siège et la République du Kazakhstan actualisent les termes de leur précédent accord signé au Vatican. Sur les 15 articles qui composaient l'ancien document, c'est l'article 2,  informe le Bureau de presse du Saint-Siège, qui a été renforcé. Car, dit-il, en lui donnant une «application plus large», il facilite «l'octroi de visas et de permis de séjour au personnel ecclésiastique et religieux venant de l'étranger, et engagé dans la pastorale des fidèles catholiques au Kazakhstan».

L'accord d'aujourd'hui, précise la note du Vatican, a été signé à Nour-Soultan par l'archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États, et au nom de la République du Kazakhstan, par le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères Mukhtar Tileuberdi. Il se compose d'un préambule et de huit paragraphes, lesquels «renforcent encore les liens d'amitié et de coopération qui existent déjà entre les deux parties».

Lors de la messe, François évoque Jésus comme le serpent qui sauve

Après avoir participé à l’ouverture du Congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles, le Pape s’est rendu en milieu d’après-midi au cœur du quartier moderne qui abrita l’Exposition universelle de 2017 dans la capitale kazakhe, Nour-Soultan. Devant environ six mille fidèles, François a célébré la messe en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix sous un franc soleil. Cette célébration eucharistique en latin et en russe est le premier rendez-vous du Saint-Père avec la communauté catholique du pays, la plus grande d’Asie centrale.

François a axé son homélie autour de deux images: celle des serpents qui mordent le peuple des Hébreux dans le désert, lors de l’Exode, et celle du serpent qui sauve. Les premiers apparaissent quand le peuple est tombé dans le péché du murmure, qui n’est pas seulement «dire du mal et se plaindre» de Dieu, mais perdre confiance en Lui, explique le Saint-Père, comme le firent les Israélites. Un premier serpent était apparu dans la Bible, celui qui trompa Adam et Ève, en les convaincant que Dieu «est plutôt envieux de leur liberté et de leur bonheur».

Source: Vatican News

titres et intertitres de la rédaction CathoBel


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