Commentaire de l’évangile – Père Philippe Robert, sj : « Le 15 août, c’est bien l’Ascension, non ? »


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Commentaire de l’évangile – Père Philippe Robert, sj : « Le 15 août, c’est bien l’Ascension, non ? »
Par Angèle Mamuza
Publié le - Modifié le
3 min

Après la période estivale, Dimanche reprend et les commentaires d'évangile également. Pour ce dimanche 14 août, c'est le père Philippe Robert qui nous commente l'évangile de l'Assomption.

Ascension, Assomption. La confusion n’est pas réservée aux dames journalistes de la TV. Un physicien de l’UCL, une cousine de Maubeuge, vous, moi, tout le monde peut un jour commettre le lapsus. "Bof, dira la cousine de Maubeuge, c’est toujours une montée de bas en haut." Mais le physicien le reconnaîtra: "De fait, en toute rigueur, on ne parle d’ascension que si le mobile fournit lui-même l’énergie pour monter. Un ballon dirigeable, par exemple, avec son brûleur qui souffle de l’air chaud…" Et assomption? Là, il faudrait plutôt consulter l’oncle latiniste. Il dirait: "ad-sumere, prendre avec soi ou pour soi. C’est un autre qui fait tout le travail." Et il ajouterait (le sourire d’Oncle Julien…): "Descendre au jardin cueillir les premières violettes, c‘est une assomption. Ou bien hisser un enfant sur ses épaules pour qu’il voie passer la mariée."

"Et Dieu dans tout ça?" demanderont les dames journalistes de la TV. On y est, Mesdames. Jésus s’élève aux cieux, quarante jours après sa Pâque; il tient de sa propre divinité le pouvoir de rejoindre le Père. Voilà pour l’Ascension. La Vierge est élevée jusqu’à la gloire céleste par pure grâce de Dieu, c’est l’Assomption. D’ailleurs, pour chanter Dieu, vous le remarquez?, ce qui jaillit des lèvres de Marie en présence d’Elisabeth a plus d’une note "assomptionniste": "Il s’est penché sur son humble servante… Il élève les humbles… il relève Israël son serviteur…"

Entonner le Magnificat, pour Marie - et pour nous à sa suite - c’est trouver sa joie dans la mémoire des bienfaits reçus, personnellement ou au sein de son peuple. Voilà pourquoi, à chaque verset, les exégètes savent repérer une réminiscence des Ecritures d’Israël, tel psaume, telle prophétie… Le désir de chanter Dieu nous vient de Lui, alors rien d’étonnant que la Parole de Dieu fournisse les mots! En rédigeant le Magnificat, saint Luc n’a pas essayé pas d’évoquer les talents poétiques de la Vierge, il l’a montrée tout imprégnée par l’histoire, par les écrits de son peuple, et entraînée dans sa louange. L’Assomption commençait.

Le 15 août, nous ne fêtons pas une performance de Marie, unique dans l’Histoire, nous proclamons jusqu’où sont allées les merveilles que le Seigneur a faites pour elle. La Vierge n’est pas "pleine de grâce" comme le disait si malencontreusement l’ancienne traduction de l’Ave Maria. De Marie, créature bénie entre toutes, on dira - comme fait l’Ange de l’Annonciation - qu’elle est "comblée de grâce". C’est le Seigneur qui la comble. Jésus, le Verbe créateur, le Fils unique, lui seul, est "plein de grâce et de vérité" (Jn 1, 14), car il est source de grâce. Par lui, sa mère est simplement (chez elle, tout est si simple…) grâce offerte et librement consentie.

"Assomption" et "comblée". Deux mots pour nous rappeler à la fois que Marie est créature parmi les créatures, et qu’elle en est la plus parfaite. Qu’on se le dise à Maubeuge, à l’UCL. Et ailleurs.

Père Philippe Robert, sj

Catégorie : L'actu

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