
En ce dimanche de la Sainte-Trinité, le père Philippe Dupriez nous partage son commentaire de l'évangile de Jean et nous fera... la preuve par trois.
Jésus est passé du temps fini à l’infini du temps (Jean 16, 12) et les humains de notre société sont confrontés à la triple personnalité de Dieu. Relevons ceci: "3", c’est tout ce qui est échange parce que continuelle incitante résurgence, à la différence de "1" qui peut être lourde froideur autoritaire monolithique in-amoureuse, et "2" qui contient le vers de l’opposition ou l’insipide accord routinier sans saveur. Le moteur dans la vie humaine n’est-il pas essentiellement l’union de l’homme et de la femme qui procréent une descendance porteuse de tous les échanges ouverts et jamais définitivement achevés?
Dieu est l’eau qui sourd partout et que rien n’arrête. Elle traverse les sables, elle s’imbibe dans les murs, elle effleure les roches, elle stagne parfois mais elle assainit chaque fois: Dieu aime et pardonne. Le monde peut être horrible dans les relations des humains, être un nid de conflits, et pourtant rien n’arrête l’eau vive dont le Nom est "Dieu".
Buvons à la coupe qu’est Dieu. Dieu est Saint, le Seul Saint avant même la création. Comme bien dit dans Proverbes 8, 22-31, la Sagesse a été fondée avant l’apparition de la terre; Dieu est "unique" d’unicité avant les siècles, et Il se livre insatiablement en communion de tout, pas en statut de supériorité. Il a bâti depuis des millénaires le chemin libérateur des déroutes de son peuple; Il s’est présenté physiquement dans un corps d’homme: Jésus, en Seul Saint s’est intégré au plein cœur de nos limites et il s’est montré en transcendance en l’Esprit, toujours le seul Saint, en toutes coutures dont nous avons besoin. Avec Jésus, c’est des racines de l’arbre qu’on a cru mort qu’ont apparu des jets de renaissance. D’au-delà de nos souffrances et déroutes peuvent éclore des forces nouvelles qui nous rendent aptes à aimer et servir. Que d’embrassades possibles des sœurs et frères que nous rencontrons incidemment ou régulièrement; tous pauvres, ils sont en appel d’être aimés.
Jésus est au milieu de nous comme le rayon de lustre qui illumine la vie des gens sur notre terre. Il nous irradie en profondeur. Des cœurs en chavirent, ils respirent sans bronches encombrées; et ce Jésus rayon s’imprégnant dans cette humanité, dans ce cosmos et sa galaxie, devient l’Esprit prolifique de toutes nos croissances. Accueillons ce rayon si peu perçu dans notre monde de gens réalistes; accueillons Jésus de Nazareth, le portier voire simplement la porte qui donne accès à de la joyeuse éternelle rencontre. Nous laissant innerver par Jésus, nous en venons à prier avec sens: "Notre Père".
Et comment ne pas ressentir alors qu’un Souffle s’empare de nous? Tel est l’Esprit que Jésus annonça et promit à ceux et celles qui le suivraient, du mieux de leurs bonnes volontés, tant d’un pas alerte qu’en devant se relever des chutes sur le parcours. Par Jésus, avec lui, et en lui, délivrés, libérés, libres, à toi Dieu le Père tout aimant dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute la gloire de la création en éternel enfantement.
Père Philippe DUPRIEZ

