Ce lundi 14 février s’ouvre le procès des personnes accusées d’être impliquées dans l’attentat contre le Père Jacques Hamel, devant la Cour d’assises spéciale de Paris. L'Eglise catholique en France s'y prépare et fait mémoire du prêtre tué il y a cinq ans.

(CC BY-SA 4.0 Giogo via Wikicommons)
Le 26 juillet 2016, au cœur de l'été, la ville de Saint-Etienne du Rouvray, dans l'Ouest de la France, a fait son apparition dans l'actualité, même au-delà des frontières de l'Hexagone. Deux hommes armés ont fait irruption dans l'église alors que le père Jacques Hamel achevait de célébrer l'eucharistie en présence de quelques religieuses et d'un couple âgé. Ils ont tué le prêtre âgé de 84 ans, et grièvement blessé l'un des paroissiens. Les deux jeunes terroristes qui se réclamaient de Daech ont été abattus par la Brigade d'intervention, grâce à l'alerte donné par une des religieuses.
👉 "Le Père Hamel n’est malheureusement pas la première victime du terrorisme."
Deux mois après, Jan De Volder rendait hommage au martyr à nos portes
S'attendre à un mois éprouvant
"La mort du Père Jacques Hamel, rappelle la Conférence des évêques de France, a bouleversé croyants et non-croyants dans toute la France et bien au-delà de nos frontières. Ce prêtre âgé, toujours au service, proche des plus humbles et des plus fragiles, était assassiné au cœur de la messe qu’il célébrait, parce qu’il était prêtre, parce qu’il était chrétien." La communauté chrétienne de cette paroisse de la banlieue de Rouen, tout autant que le diocèse, se prépare à ce procès qui s'ouvre devant la Cour d’assises spéciale de Paris.
Les deux terroristes passés à l'action étant morts, ce sont leurs complices qui seront jugés dans ce procès. Les déplacements des uns et des autres, le choix de s'en prendre à une église lors d'un culte, et à un prêtre apprécié de tous, le déroulement des faits ce matin du 26 juillet, vont être passés en revue. "Ce procès qui va durer près d’un mois ravive des souvenirs douloureux, confirme le père Hugues de Woillemont, Porte-Parole des évêques français, et sera éprouvant pour beaucoup."
Pensées pour les victimes de terrorisme
L’évêque de Rouen s’est constitué partie civile au procès, tout comme des membres de la famille de Jacques Hamel et Guy Coponet, un paroissien grièvement blessé lors de l’attentat. "Nous sommes tous liés, insiste Mgr Dominique Lebrun. Nous attendons ce moment pour avancer sur le chemin de la vérité. Cette recherche m’habite. Il reste tant de questions!" Une justice également due, selon l’évêque, aux accusés. "Ils ont droit de connaître la réponse de la société à travers ses représentants de l’ordre judiciaire", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse début février.
La Conférence des évêques de France souhaite témoigner aux proches du Père Jacques Hamel, aux personnes prises en otage ce jour-là, aux paroissiens de Saint-Etienne du Rouvray, mais aussi aux fidèles laïcs et aux prêtres du diocèse de Rouen, ainsi qu’à leur archevêque, Mgr Dominique Lebrun, sa profonde affection et sa prière. "Nous pensons aussi à toutes les victimes du terrorisme – nous n’oublions pas en particulier Simone, Nadine et Vincent, les victimes de l’attentat de la Basilique de Nice – en France et dans le monde et à leurs proches.", ajoute p. Hugues de Woillemont, le porte-parole de la conférence des évêques français.
Anne-Françoise de Beaudrap (avec La Croix et Cath.ch)

