Le numérique, le territoire où l’Eglise doit être présente


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Le numérique, le territoire où l’Eglise doit être présente
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Meditatio, Prie en chemin, Hozana et tant d'autres propositions numériques sont utilisées quotidiennement sur téléphone pour prier. Comment fonctionne la créativité des chrétiens dans le monde numérique ? Rencontre avec un connaisseur.

Une application pour la catéchèse (c) Hack my Church
Une application pour la catéchèse (c) Hack my Church

Les chrétiens développent de plus en plus d'applications téléchargeables pour aider à prier. Cela semble normal au regard du temps passé par chacun à consulter et utiliser les outils numériques. "Ce sont des territoires où il faut être présent", confirme Yves-Armel Martin qui est à l'initiative de HackmyChurch*.

"Pendant la crise sanitaire, nous avons vu que plein de choses ont été rendues possibles par les outils numériques", poursuit-il. Il cite notamment une application en France (et aussi dans le diocèse de Liège) qui permet de verser sa participation financière pour la messe (via l'application LaQuête).

"Ces outils sont hyperefficaces. Quoi de mieux pour démarrer la journée, pour prendre une pause dans nos rythmes de vie dans le monde contemporain !"

Quel modèle économique ?

Par son travail comme directeur d’un laboratoire d’innovation ouverte travaillant sur les questions numériques pour la culture et l’éducation à Lyon, notre expert a souvent constaté : "les organisations sont frileuses face aux différentes transitions, dans ce cas-ci vers le numérique."

Mais l'Église ne pourrait pas passer à côté de ces occasions de mettre en relation des personnes, dans l'esprit de l'Evangile. Dans le domaine numérique, "le monde chrétien n'est pas très en avance", reconnaît toutefois Yves-Armel Martin.

"C'était un domaine géré de manière artisanale, avec plusieurs belles initiatives. Prenons l'exemple de l'application qui renseigne l'horaire des messes: elle rend beaucoup de services et pourtant, elle est gérée par des bénévoles qui 'bricolent' du mieux qu'ils le peuvent." Face à des initiatives nées de la bonne volonté, se pose selon cet expert, le problème du modèle économique : "comment gérer l'argent pour en faire un modèle durable ?"

En évoquant deux applications plébiscitées par les chrétiens, que sont Prie en chemin et Retraite dans la ville, Yves-Armel Martin reconnaît: "ce sont deux applis de bonne qualité, qui montrent ce que les familles religieuses savent bien faire, prêcher d'une part et vivre avec les dons…" Au-delà de ce stade que l'expert qualifie d'intermédiaire, on voit se développer une nouvelle génération avec une démarche professionnelle. "Ils vont de diocèse en diocèse pour faire connaître leurs projets, lever des fonds, etc. Ce sont des starts up de l'Église, en quelque sorte."

Le développement d'outil numérique autour de la prière peut aussi prendre des dimensions impressionnantes, comme le montrent deux applications de méditations chrétiennes aux Etats-Unis lancées sur un budget de quelques dizaines de millions de dollars.

Des ponts pour surmonter les murs

Ce n'est pas toujours évident pour les structures d'Église de se laisser transformer par la créativité numérique. "J'ai souvent rencontré des réticences face au fait que nous allions bouleverser les traditions. En fait, [par les projets Hack My Church], nous voulions créer des ponts vers les personnes déconnectées de l'Église." Notons enfin que le travail collectif pour imaginer et mettre sur pied une application, contribue à rassembler des gens divers. "Ce sont des lieux de rencontre", conclut notre connaisseur.

AF de Beaudrap

📌 Dimanche n°2 - 2022 consacre son dossier à ce thème du boum des applications chrétiennes.

📌 Retrouvez un extrait dans Testé pour vous : 9 applications chrétiennes qui aident à prier


Pour en savoir plus sur Hack My Church


Hacker l'Eglise ?

Hack My Church est né en 2015 lors d'un premier évènement dans une paroisse de Lyon. Pendant trois jours, des passionnés du numérique s'y sont installés pour imaginer une autre manière de faire vivre la paroisse, en utilisant toutes les ressources informatiques.

Quant au nom Hack My Church, n'y voyez aucun piratage. "Hack a plusieurs significations, là nous le prenons comme une 'solution créative à un problème ou une limitation'", c'est ce qu'expliquent les initiateurs de l'évènement.

Intentions de prière déposées au sanctuaire St Bonaventure (Lyon)
(c) Hack my church

Depuis ce premier rassemblement créatif et innovant à Lyon, l'évènement s'est multiplié en d'autres lieux, comme Paris, mais aussi au Kenya et au Chili. "C'est génial de voir cette intelligence collaborative", souligne Yves-Armel Martin.

Le fait que tous mettent leurs talents "au service du Seigneur" est un plus selon l'initiateur de Hack My Church. Depuis quelques années, la créativité numérique se mobilise autour de la promotion de la Bible. Un partenariat s'est noué avec l'Alliance Biblique française pour développer des applis ou des jeux autour des textes bibliques. Citons par exemple 'Oh my God' qui accompagne l'utilisateur pendant les temps forts spirituels de l'année.


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