Les enfants des rues de Kinshasa frappés par la pandémie


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Les enfants des rues de Kinshasa frappés par la pandémie
Par La rédaction
Publié le
3 min

À Kinshasa, on estime que plus de 25.000 enfants survivent dans la rue. Pour eux aussi, le Covid-19 a aggravé les choses. L'ONG Louvain Coopération, qui agit pour eux avec des partenaires locaux, attire l'attention sur leurs conditions de vie.

Enfants qui mangent dans la rue à Kinshasa (c) Louvain coopération

On les appelle les "shégués" en lingala. Ils sont des milliers d’enfants, certains âgés de quelques années, à survivre dans les rues de la capitale congolaise. Leur quotidien est fait de violences, d’abus, de faim, de drogues… Ils dorment dans les marchés, les stades et errent dans les rues durant la journée, à la recherche d’un peu d’argent ou de nourriture.

Les raisons qui les poussent dans cette misère sont nombreuses : certains sont abandonnés, chassés, d’autres fuient leur foyer dans l’espoir d’une vie meilleure. Il est évidemment très difficile de connaître le nombre exact d’enfants et de jeunes qui vivent ce cauchemar, mais ils sont estimés à plus de 25.000, rien qu’à Kinshasa.

La pandémie aggrave les choses

La pandémie de Covid-19 a intensifié la problématique des enfants en situation de rue. De nombreuses familles ont été plongées dans la précarité, ce qui a poussé plus d’enfants encore à "descendre" dans la rue. La plupart des jeunes rencontrés pour la première fois par nos équipes ces derniers mois ont déclaré avoir quitté leur foyer pour fuir la faim ou rechercher des moyens afin de subvenir aux besoins de leur famille.

Autre conséquence désastreuse de cette pandémie, une augmentation des cas d’infections sexuellement transmissible chez les enfants et les jeunes de la rue a été observée. Et ce, parce qu’il a fallu choisir entre manger ou se protéger. En effet, en raison de la fermeture des activités commerciales, les jeunes filles, pour survivre, se sont livrées aux premiers clients capables de leur donner de l’argent et ont dû accepter leurs conditions, à savoir : des rapports sexuels non protégés.

Le travail continue

Les partenaires locaux de Louvain Coopération ont poursuivi, malgré tout, leur travail. "Les enfants sont accueillis, logés, nourris, soignés dans nos centres, racontent ces acteurs du terrain. Lorsqu’ils se sentent en sécurité, c’est alors que nous pouvons mener notre mission pour les réinsérer dans la société. Ils sont rescolarisés ou formés à un métier. Nos psychologues les écoutent et les aident à renouer avec leur famille et ces dernières sont accompagnées pour améliorer leur situation financière, pour accéder à un logement."

(c) Louvain coopération

Ainsi, au premier semestre 2021, 661 enfants kinois ont repris le chemin de l’école ou entamé une formation professionnelle. Au total, ce sont 75% des enfants rescolarisés par nos partenaires, qui ont réussi aux examens du premier semestre.

258 enfants ont bénéficié d’un accompagnement psychosocial dans les différents centres. Et 110 enfants ont réintégré leur famille depuis le début de cette année.

La tâche reste immense et nécessite des moyens importants. Louvain Coopération lance donc, en cette fin d’année, une grande campagne de récolte de fonds pour donner à ces jeunes les outils nécessaires pour s’en sortir.

Plus d’infos : https://www.louvaincooperation.org/fr/campagne-enfant-des-rues


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