En Avent vers la joie !


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En Avent vers la joie !
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
8 min

Ce dimanche 28 novembre, l’Eglise catholique entre dans l’Avent, temps de préparation à la joie de Noël. Cette joie, justement, imprègne déjà la liturgie des quatre dimanches qui nous mènent, dans un crescendo de lumière, à l’avènement du Verbe de Dieu. Une invitation à nous mettre en marche vers la clarté de l’Aurore.

4 bougies à allumer durant le temps de l'Avent pour se préparer à Noël avec joie !

"Parole du Seigneur. Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda." (Jr 33, 14) C’est sur ces mots que s’ouvrira, cette année, la première lecture du premier dimanche de l’Avent.

À eux seuls, ils résument toute l’histoire du salut, toute l’histoire de l’Alliance de Dieu avec l’humanité. En réponse au mal présent dans le monde depuis la nuit des temps, Dieu est resté fidèle à son dessein d’amour.

C’est en vue de réaliser ce projet qu’il a choisi Israël pour être son témoin parmi les nations. Ce témoin subira toutefois de plein fouet les conséquences de son infidélité à l’Alliance, par sa destruction comme peuple et son exil. Mais Dieu, envers et contre tout espoir raisonnable de changement, va maintenir sa promesse.

Premier weekend de l'Avent: restons éveillés

"Restez éveillés et priez en tout temps"
"Restez éveillés et priez en tout temps", dira Jésus lui-même à ses disciples (Lc 21, 36). ©Pexels

Et voici que cette promesse va s’accomplir: le bonheur va advenir, par la naissance d’un enfant, descendant de David. Un "Germe de justice" (Jr 33, 15) qui va délivrer son Peuple. Il est difficile de savoir comment les premiers auditeurs ou les premiers lecteurs de cette prophétie l’ont comprise exactement. Ce que l’on sait, c’est que certains groupes, en Israël, attendaient le Messie, qui rétablirait la royauté de David. Pour les chrétiens, cette royauté est celle du Règne de Dieu qu’annoncera Jésus, un Royaume à la fois déjà présent et à venir.

La présence du Royaume de Dieu est intimement liée à l’avènement du Christ – c'est le sens du mot avent. Est ici visé son premier avènement, sa naissance, qui inaugure les derniers temps où nous sommes, ceux de la réalisation de toutes les promesses de l’Ancien Testament.

Mais aussi son dernier avènement, à la fin des derniers temps, que l’évangile du début de l’Avent nous appelle à attendre en veillant dans la prière: "Restez éveillés et priez en tout temps", dira Jésus lui-même à ses disciples (Lc 21, 36).

Saint Paul, de son côté, nous invite à mener une vie sainte qui plaît à Dieu. Car si la justice est d’abord le fait de Dieu, qui nous rend justes, il nous revient de participer au Règne de Dieu en agissant, pour notre part, avec justice dans nos relations. Cette justice est, en dernière instance, le fruit de l’amour de Dieu. "Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant." (1 Th 3, 12)

👉 La naissance du messie accomplira la promesse de bonheur faite par dieu.
👉 En donnant à dieu nos soucis, nous recevons de lui la paix en échange.
👉 La joie est le fruit de notre accueil, dans la foi, de "Dieu avec nous".

Deuxième weekend : préparons nous à la joie, la lumière et la paix

Le bonheur attendu se prolonge en joie déjà présente, au deuxième dimanche de l’Avent. Cette fois, c’est le prophète Baruch qui nous y convie: "Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours" (Ba 1, 5); "car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice." (Ba 1, 9)

Dans ce texte, Dieu est celui qui donne la joie, en ramenant d’exil les enfants d’Israël, dont Jérusalem est la mère. Nouvelle image de l’accomplissement, qui associe la joie à trois "attributs" de Dieu: sa miséricorde, sa justice, et surtout sa gloire.

Dieu nous libère par sa miséricorde, et c’est en nous pardonnant qu’il accomplit la justice. Nous pouvons dès lors marcher à la lumière de la gloire de Dieu qui, dans l’Ecriture, est le rayonnement de son Etre même. Revêtir la gloire de Dieu, selon le mot du prophète, signifie donc être enveloppé de la Lumière divine, de l’Amour de Dieu, qui est Dieu lui-même.

Saint Paul fait écho à ce message: en progressant dans l’amour et la connaissance de Dieu, écrit-il, "vous marcherez dans la droiture, sans trébucher, vers le jour du Christ; et vous aurez en plénitude la justice obtenue grâce à Jésus Christ pour la gloire et la louange de Dieu." (Ph 1, 10.11).

Tout prend sens à la lumière du Christ. En prenant sur lui notre mal, Jésus, le Fils de Dieu fait chair, nous a ouvert le chemin de la gloire de Dieu. C’est sur ce chemin que nous sommes appelés à avancer pendant ce temps de l’Avent, qui est comme un condensé du chemin de toute notre vie: une marche dans la lumière, et vers la lumière.

C’est là aussi que doit intervenir une conversion, proclamée par Jean le Baptiste dans l’évangile du jour. Conversion qui est préparation du chemin du Seigneur, chemin qui nous sera ouvert à Pâques, que Noël nous annonce déjà.

"Bien que toujours discrète et souvent voilée, la Présence de l’Emmanuel apporte joie, lumière et paix."

Troisième weekend: réjouissons-nous

La joie va s’épanouir pleinement au troisième dimanche de l’Avent, le dimanche de Gaudete qui signifie: "Réjouissez-vous!" Cet appel à la joie est tiré directement de la deuxième lecture: "Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps; je le répète: réjouissez-vous. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche." (Ph 4, 4-5)

C’est cette proximité du Christ qui est la cause de notre joie. Proximité de sa venue, de son retour, mais aussi de sa présence avec nous et en nous. La joie de cette présence éclate, littéralement, dans la lecture du livre de Sophonie. "Pousse des cris de joie, fille de Sion! Eclate en ovations, Israël! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem!" (So 3, 1). Et le texte d’ajouter plus loin: "Ne crains pas, Sion, ne laisse pas tes mains défaillir. Le Seigneur ton Dieu est en toi" (So 3, 16-17).

La présence de Dieu est en effet ce qui bannit la crainte, l’inquiétude, et débouche sur la paix. "Ne soyez inquiets de rien mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus." (Ph 4, 6-7).

Si la pratique de la prière implique, à certains moments, d’arrêter ses activités et de se retirer dans l’intimité du silence, elle désigne également, dans la spiritualité chrétienne, une disposition permanente du cœur. Celle-ci n’est pas le résultat d’une sorte d’effort d’attention qui finirait par nous épuiser, mais le fruit de nos moments d’intimité avec Dieu, qui finissent par se prolonger dans un éveil continuel à sa présence.

Et au lieu de nous laisser distraire de Dieu par nos soucis, il s’agit de les Lui donner à chaque fois qu’ils nous envahissent. Un échange mystérieux peut alors s’opérer: Dieu prend sur lui nos inquiétudes, et nous donne sa paix qui nous garde en sa Présence.

Quatrième weekend : accueillons le Christ

Le quatrième dimanche de l’Avent, enfin, nous mène au seuil de la Nativité. Le prophète Michée proclame: "viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter". Celui qui naîtra sera le berger des enfants d’Israël. "Ils vivront en sécurité, car désormais sa puissance s’étendra jusqu’aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix." (Mi 5, 1-4)

La paix que le Seigneur donne, c’est Lui-même, en faveur du Peuple de Dieu, mais aussi du monde entier. Et la puissance qu’il déploiera, ce sera celle du don total de lui-même, pour accomplir la volonté de salut de Dieu. Ce salut, c’est notre libération des liens du mal et de la mort, par son sacrifice qui nous fait entrer dans la Nouvelle Alliance.

C’est ce qu’écrit l'auteur de la lettre aux Hébreux, dans son langage cultuel issu de l’Ancien Testament. Le Christ, par sa venue dans notre monde "supprime l’ancien culte pour établir le nouveau. Et c’est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes" (He 10, 9-10).

L’évangile de Luc, quant à lui, va nous mener chez Elisabeth, à qui Marie vient rendre visite. Les deux femmes attendent un garçon, et l’Esprit Saint va susciter une rencontre inouïe. Ecoutons Elisabeth: "Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur." (Lc 1, 42-45)

Bénédiction, bonheur, allégresse, sont le fruit de la présence, de la naissance toute proche de l’Emmanuel, "Dieu avec nous", tout comme la conversion, la justice, la paix. Accueillons-le dès maintenant comme Marie a su l’accueillir, dans la foi. Bien que toujours discrète et souvent voilée, voire cachée à nos sens, comme dans le sein de la Vierge, sa Présence apporte joie, lumière et paix.

Christophe HERINCKX

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