Au Domaine Saint Roch, parents et enfants vont apprendre en pleine nature


Partager
Au Domaine Saint Roch, parents et enfants vont apprendre en pleine nature
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
4 min

Leur envie? Apprendre avec leurs enfants, en dehors du cadre scolaire classique. Aurélie, Alexis, Benjamin et Maud ont sauté le pas. Ces jeunes parents ouvrent une école démocratique au Domaine Saint Roch qui fera sa première rentrée ce 1er septembre. Bienvenue aux Herbes Hautes !

Deux familles ont choisi de vivre en habitat groupé et d'ouvrir leur école démocratique au sein du Domaine Saint Roch à Couvin (c) Les Herbes Hautes

 

Il y a cinq ans, Aurélie et Alexis, un jeune couple bruxellois, fait la rencontre de Maud et Ben(jamin). Très vite, la conversation tourne autour de la transition écologique et aussi sur l’éducation. Après avoir vu le documentaire « Être et devenir », c’est le déclic ; Aurélie et Alexis décident de changer de vie en créant un habitant groupé et une école démocratique au sein du Domaine de Saint Roch à Couvin, géré par Philippe et Brigitte. Ils seront vite rejoints par Maud et Ben avec qui ils imaginent le projet d'école.

Retrouver la joie dans les apprentissages

Le terme école n’est peut-être pas le plus adéquat, et Aurélie préfère se référer au vocable anglais "unschooling", littéralement "déscolarisation". Dans ce modèle alternatif, les parents choisissent de retirer leurs enfants du système scolaire classique pour leur offrir un cadre différent, principalement en extérieur, où les apprentissages s’acquièrent dans la vie quotidienne en visant l’autonomie. Communication, confiance et bienveillance seront au cœur des apprentissages. Le rapport entre l’adulte et l’enfant est également transformé. "Nous aussi on va apprendre en accompagnant les enfants" se réjouit Aurélie, ex-enseignante d’histoire-géo. Ce modèle implique donc de travailler sur sa posture d’adulte face à l’enfant, pour respecter ses élans naturels, sa curiosité, afin que tous "nous puissions retrouver la joie dans les apprentissages", souligne la jeune maman.

Une alternative, pas une solution sociétale

"Notre envie, poursuit Aurélie, était de faire école à domicile, mais pas tout seuls". Avant de se lancer, les jeunes parents ont donc rendu visite à d’autres projets sur les rails comme l’école démocratique de l’Orneau à Gembloux et l’arbre des possibles à Beauraing. "On était rassuré, et on pouvait se dire, ça existe déjà, ce n’est pas une folie." Pour autant, les porteurs du projet de Couvin sont conscients que ce modèle n’est pas une solution sociétale. "C’est une proposition, une alternative parmi d’autres." Aurélie constate d’ailleurs que certaines écoles "classiques" pratiquent désormais l’école du dehors un jour par semaine.

Aux Herbes Hautes, parents et enfants apprendront ensemble au contact de la nature (c) Les Herbes Hautes

Le succès du projet repose sur l'investissement des parents

Depuis mars 2020, les deux couples se sont donc installés dans le Domaine Saint Roch et une troisième famille viendra les rejoindre en septembre, pour l’ouverture officielle de l’école, rendue possible grâce au succès du financement participatif. Une dizaine d’enfants de 4 à 8 ans feront ainsi leur rentrée au Domaine Saint Roch (ainsi que quatre jeunes ados), l’équipe espère pouvoir en accueillir le double dans deux ans. L’une des clés de réussite de ce projet repose sur l’investissement des parents ; pour ce faire, une participation consciente est demandée, selon les moyens et ressources de chacun.

A lire aussi sur les pédagogies alternatives : Rentrée scolaire: bienvenue dans ma classe flexible !

Les Hautes Herbes, nom bucolique donné à ce projet d’écolieu, peut ainsi compter sur l’engagement de 7 familles qui se relayeront pour encadrer les enfants, selon leurs possibilités. "Nous leur proposerons aussi de se former, notamment à la communication non violente et au secourisme." Car, liberté ne signifie pas absence de sécurité. Les enfants doivent pouvoir évoluer dans un cadre clair et sécurisé pour jouir des libertés qui leur seront offertes. Les initiateurs ont aussi engagé Simon, qui accompagne ce type de projets depuis 20 ans déjà.

Inscrire son enfant dans une "école du dehors" est un vrai choix de vie, précise Aurélie. Un choix qui doit donc être pris après mûre réflexion. Mais, pour la jeune maman, le jeu en vaut largement la chandelle : "J’observe depuis plus d’un an mes propres enfants et je vois comment ils évoluent en étant à l’extérieur, et c’est merveilleux. Le fait de ne plus devoir prendre la voiture pour les conduire à l’école fait aussi partie des avantages."

>> Plus d'infos sur le projet? Rendez-vous sur le site internet des Herbes Hautes.

>> Suivez l'actualité des Herbes Hautes via leur page Facebook.

Sophie DELHALLE

>>> Retrouvez notre zoom "Nos enfants apprennent-ils mieux au grand air?"

dans le numéro 30 de votre hebdomadaire Dimanche du 5 septembre 2021 <<<

Catégorie : Belgique

Dans la même catégorie