Le généticien français, ancien président de la Ligue contre le cancer est décédé ce 6 juillet d'un cancer qu'il avait annoncé il y a quelques semaines sur son blog. Il avait 76 ans.

Diagnostiqué d'un cancer en août 2020, la maladie l'a rattrapé après une période de rémission. Depuis, il partageait sur son blog personnel différentes réflexions et ressentis apaisés. Docteur en médecine, il a été directeur de recherche à l'INSERM, puis directeur de l'institut Cochin avant de présider l'université Paris-Descartes. Membre de divers comités d'éthique, il assumait la présidence de la Ligue contre le cancer depuis 2019. « Tous les Ligueurs pleurent une personnalité exemplaire, altruiste, courageuse, déterminée et humaniste. Axel Kahn est et restera un ardent militant de la Ligue et de lutte contre le cancer et un ambassadeur de premier plan de l’Éthique avec un Grand E » a déclaré avec émotion le professeur Daniel Nizri qui lui a succédé en qualité de président de la Ligue nationale contre le cancer. « Je perds un ami, la Ligue perd un immense Ligueur, une personne attachante et un redoutable combattant sur tous les fronts de la lutte contre le cancer ; celui qui n’a jamais reculé » a témoigné le professeur Henri Pujol, président d’honneur de la Ligue nationale contre le cancer.
Une totale sérénité
Sur sa mort imminente, Axel Kahn avait confié à La Croix en mai dernier : "La mort est une vieille amie. Mais côtoyer la mort n’implique pas forcément que l’on éprouve de la sérénité. La question, en quelque sorte, est de ne pas gâcher cette dernière période de l’existence, car ce qu’il y a à y faire est d’une particulière intensité. Vous êtes amené à aller droit à l’essentiel, à évacuer le superflu." Dans un entretien avec Léa Salamé sur France Inter, il expliquait également employer chaque minute de sa vie pour poursuivre ses objectifs: "Personne n'est autre chose que ce qu'il fait. Le choix de ce que je fais et la manière dont je le fais sont plus importants que jamais."
Issu d'une famille catholique, il n'était cependant pas croyant. Sur son blog, il confiait ainsi sa sérénité face à la mort, sans pour autant espérer retrouver Dieu.
Je suis comme j’espérais être : d’une totale sérénité. Je souris quand mes collègues médecins me demandent si la prescription d’un anxiolytique me soulagerait. De rien, en fait, je ne ressens aucune anxiété. Ni espoir – je ne fais toujours pas l’hypothèse du bon Dieu -, ni angoisse. Un certain soulagement plutôt. (...) Il a fallu pour cela que je réussisse à « faire mon devoir », à assurer le coup, à dédramatiser ma disparition. À La Ligue, j’ai le sentiment d’avoir fait au mieux. Mon travail de transmission m’a beaucoup occupé, aussi. Je ne pouvais faire plus. Je suis passé de la présidence d’un bureau national de La ligue le mardi matin à la salle d’opération l’après-midi. Presque idéal. Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis.
Axel Kahn
Sarah Poucet

