N’est-ce pas le même Dieu ?


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N’est-ce pas le même Dieu ?
Multiracial pupils of primary school are ready to study after Covid-19 quarantine and lockdown. Children in class room with teacher wearing face masks and using antiseptic for coronavirus prevention.
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Les élèves de cette classe de secondaire portent tous leur masque. C’est le temps du Covid.
La professeure de religion, elle aussi, porte son masque. La communication n’est pas facile! Déjà, dans cette école secondaire (comme dans beaucoup d’autres établissements catholiques), la communication en temps normal n’est pas simple entre ados et enseignants. En outre, dispenser ce cours demande des trésors d’ingéniosité et de patience face à un auditoire on ne peut plus hétérogène. Cette classe est composée d’élèves témoins de Jéhovah, de musulman(e)s, de quelques protestant(e)s et finalement de très peu de catholiques. Bien entendu, tous adolescent(e)s.
Vraiment pas simple, en effet, la communication. Les profs de religion doivent être de véritables jongleurs pédagogiques et théologiques. Ce sont souvent de véritables héros, parfois même des "martyrs" confrontés aux quolibets, incompréhensions, indifférences ou hostilités d’élèves et de collègues.

Il n’est pas question de pastorale
Au cours de religion, contrairement aux activités vécues dans la pastorale scolaire ou dans la catéchèse paroissiale, il est hors de propos de se baser sur la recherche. Et encore moins le témoignage de foi des élèves qui sont fort différents pour chacun, vu leurs diverses confessions, ou qui est totalement absente pour certain(e)s, souvent la majorité du groupe-classe. Le cours de religion catholique informe, ouvre les horizons de la recherche de sens, alimente la culture et la spiritualité… indépendamment de ce que les élèves croient ou pas.

Un cours confessionnel situé
Cependant, par honnêteté intellectuelle et pour apprivoiser aussi le dialogue interconvictionnel, le professeur de religion indique clairement que l’interprétation des textes bibliques comme les autres informations données à son cours sont celles de la tradition chrétienne catholique. Ainsi, cette enseignante chevronnée a-t-elle choisi, lorsque la question de Dieu est abordée ou qu’un texte du Nouveau Testament est approché, d’utiliser la formule: "Cela, c’est le Dieu des chrétiens!"

Dieu l’unique
Mais voilà que dans cette classe, un élève musulman réagit en posant la question: "Le Dieu des chrétiens, Madame? Mais puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, n’est-ce pas le même, comme nous l’avons appris l’an dernier pour l’islam, le christianisme et le judaïsme?" La question est incontestablement pertinente. Mais a-t-elle été posée pour mettre l’enseignante en difficulté et faire rire le groupe au dépend de la prof? Ou est-ce une vraie question de la part d’un élève curieux et motivé?

Réflexion et progression

Ce jour-là, un peu décontenancée, l’enseignante a esquivé cette question. Mais elle y a longuement réfléchi par la suite. Une piste consisterait non pas à dire "C’est le Dieu des chrétiens!" mais plutôt "Voilà la manière dont les chrétiens catholiques appréhendent telle question ou interprètent tel texte ou encore ceci est la manière dont l’Eglise Catholique propose de croire…".
Comme dans toutes les disciplines scolaires, les enseignants n’ont jamais fini d’être des chercheurs tant au plan pédagogique qu’ici aussi au plan théologique. Et souvent, ce sont des questions et réactions venant de leurs élèves qui leur permettent de réfléchir et d’aller plus loin.

Luc Aerens
Diacre,
Comédien et pédagogue

Catégorie : L'actu

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