Gabriel Ringlet: « L’éloge de la célébration »


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Gabriel Ringlet: « L’éloge de la célébration »
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Funérailles, mariages, baptêmes, ou offices de la Semaine sainte, etc. Gabriel Ringlet recense différentes manières de marquer les saisons de la Vie par des gestes et des paroles pleines de sens.

Les nouvelles règles -provisoires- d'organisation des messes, et surtout l'impossibilité de pouvoir célébrer publiquement pendant toute la période de confinement a amené de nombreuses personnes à réfléchir sur la pratique religieuse. Cette même période a laissé assez de temps pour lire, chapitre après chapitre, "l'éloge de la célébration" écrit par Gabriel Ringlet et publié chez Albin Michel il y a plus d'un an. Le prêtre installé à Malève-Sainte-Marie a choisi d'y décrire "La grâce des jours uniques", c'est-à-dire ces temps de prières et autres célébrations qui sont restés dans les mémoires. Ce livre énonce un bouquet de moments vécus par Gabriel Ringlet aux côtés de familles éplorées ou en joie.

"Célébrer, c'est raconter", définit très vite l'auteur, en précisant : "En faisant mémoire, célébrer rend présente une parole. […] Cette parole n'est pas spécifiquement religieuse. Elle est d'abord le cri de l'homme, la blessure de l'homme, la joie de l'homme." Le prêtre reconnaît que "célébrer est superflu. On peut s'en passer." La période récente sans célébration eucharistique paroissiale l'a démontré, tout en soulignant le manque de communion que cela a révélé. Gabriel Ringlet poursuit en expliquant en quoi consiste "le jeu 'superflu' de la célébration : refuser de laisser les choses en l'état." Face à la souffrance ou à la tristesse du deuil, le croyant a besoin de porter ces émotions dans la prière en accomplissant des gestes symboliques, en présence d'une communauté.

Après le chapitre introductif sur le sens des célébrations, l'auteur s'attarde sur quelques exemples vécus autour des cinq sens : la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher et le goût. Cette partie pourra peut-être inspirer quelques idées aux groupes de prières et aux communautés paroissiales en quête de renouvellement. Les chapitres suivants développent les célébrations autour de trois moments de la vie : les grisailles ("quand une existence est blessée, quand elle décline et qu'elle s'en va"), les semailles (qui correspondent aux naissances mais aussi au baptême) puis les accordailles. En introduction du livre, Gabriel Ringlet confie aimer "que les célébrations épousent le rythme des saisons". On le découvre aussi à l'écoute des saisons de la vie.

Hors des frontières

Dans une troisième partie, l'auteur évoque les célébrations organisées au sein du Prieuré Sainte Marie dans le cadre de la Semaine sainte. Depuis une trentaine d'années ce lieu spirituel du Brabant wallon confie les clés de ces offices spécifiques à des invités qui peuvent venir d'autres religions ou du monde artistique, etc. A travers les récits que Gabriel Ringlet en fait dans ce livre, des réflexions peuvent naître sur le sens profond du Jeudi Saint, de la Passion et de la Résurrection du Christ. "L'appel à des poètes, à des artistes et à des témoins", reconnaît l'auteur, "espère, bien plus fondamentalement, provoquer une secousse." Le débat naîtra encore davantage de la dernière partie qui propose de dépasser les "frontières" que l'Église s'est mise elle-même. Gabriel Ringlet y évoque de nombreuses pistes pour rénover les célébrations soit en s'invitant dans des lieux pluralistes, soit même en partageant les églises, soit encore en réfléchissant sur les personnes aptes à célébrer (donc laïcs y compris).

La lecture de "La grâce des jours uniques" ne laissera peut-être pas indifférent. Certains seront étonnés ou choqués par les grandes libertés que ce prêtre prend par rapport aux liturgies habituelles. D'autres seront touchés par l'adaptation et l'inspiration qui font de ces célébrations des "jours uniques". De tous ces récits il se dégage aussi un trait commun : Gabriel Ringlet a pu rejoindre des trajectoires de vie toutes personnelles, depuis la naissance (et même avant) jusqu'au dernier souffle des personnes. De nombreux gestes ont été posés en des moments très sensibles pour les familles, des paroles prononcées et surtout des regards, des prières… Ce livre peut contribuer à faire de toute nos vies une célébration, un appel à Dieu, un rappel de Sa présence dans nos vies.

Anne-Françoise de Beaudrap

 

"La grâce des jours uniques. Éloge de la célébration", de Gabriel Ringlet, Albin Michel, décembre 2018, 235 pages.

 

Gabriel Ringlet était l'invité de Christophe Herinckx dans "Il était une foi". A revoir ci-dessous:

 

Catégorie : L'actu

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