Mieux connaître le nouveau saint Paul VI


Partager
Mieux connaître le nouveau saint Paul VI
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Le pape Paul VI, élevé au rang de saint l'année dernière, est fêté par l'Eglise catholique le 29 mai, jour de son ordination sacerdotale. Quelques livres permettent de mieux le connaître.

Mgr Rino Fisichella a publié "J'ai rencontré Paul VI" aux éditions des Béatitudes. L'archevêque italien, président du conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation depuis juin 2010, est surtout membre de la Congrégation pour la Cause des saints. L'auteur propose donc de dresser le portrait de sa Sainteté par la voix des témoins, puisqu'il a pu collecter de nombreux documents dans le cadre de la cause de béatification de Paul VI puis de sa canonisation. "Il a été le pape de ma jeunesse, de ma préparation au sacerdoce et des premières années de ma vie sacerdotale. […] J'ai pu le rencontrer à travers les témoignages de ceux qui avaient vécu en relation étroite avec lui."

Mgr Rino Fisichella commence par raconter le parcours de vie du pape devenu saint, avant d'aborder les points qui serviront de modèles pour les chrétiens. L'auteur résume ainsi: "Paul VI ne fut pas seulement le pape qui acheva le concile Vatican II et qui promulgua l'encyclique Humanae Vitae; il faut également un vrai contemplatif, un homme qui priait le chapelet et qui aimait profondément l'Eglise." Même si Giovanni Battista Montini s'est trouvé seul dès l'accession au trône de saint Pierre, écrasé par l'ampleur de cette tâche, il a été le premier pape à voyager hors du Vatican pour rencontrer l'humanité partout où elle se trouvait. L'auteur consacre enfin une large place aux deux miracles qui ont permis la béatification puis la canonisation de Paul VI, et qui sont liés à la vie.

Le prophète des commencements

Bien que saint, "Pourquoi l’aimons-nous si peu?" C’est la question en prologue du livre de Michel Cool, Paul VI prophète. Dix gestes qui ont marqué l’histoire. Dans cet ouvrage de 184 pages paru aux Editions Salvator en 2018, Paul VI un prophète ayant posé "Dix gestes qui ont marqué l’histoire", énonce le sous-titre. Il est le prophète des commencements, du silence, du regard du dialogue, de l’humilité, de la paix, du Saint-Esprit, du courage, de l’amitié et de la lumière. Chacun de ces attributs est développé dans un chapitre, avec en épigraphe des mots descriptifs d’une scène de vie, suivis de citations de Paul VI tirées d’ouvrages ou de ses déclarations officielles.

Devant le "Prophète du silence" au chapitre 2, on se met "A genoux au Cénacle" avec le pape Paul VI au cours de son pèlerinage du 5 janvier 1964 à Jérusalem. Mais avant cela, on prend de l’avance sur le temps en écoutant - presque - le pape Paul VI dans une allocution du 28 octobre 1966, à l’adresse des abbesses bénédictines d’Italie. A ces religieuses, le pape rappelle que "votre vie doit recevoir son style de silence…"

Au "Cénacle. Situé au sommet du mont Sion, ce bâtiment de deux étages est censé avoir abrité la 'chambre haute' dont parlent les Evangiles et les Actes des Apôtres (Ac 1,13). C’est en ce lieu que la veille de mourir Jésus aurait partagé son ultime repas avec ses disciples. D’un pas preste, le pape s’avance revêtu de sa grande cape rouge. Puis, à la surprise de ses hôtes et de sa suite, il évite soigneusement le magnifique tapis qu’on lui a préparé et s’agenouille à même le pavement pour s’abîmer en prière pendant dix longues minutes en silence." Ce moment révèle un côté de Paul VI chez qui le silence est "une donnée naturelle, d’aucuns diraient une grâce originelle", mentionne Michel Cool en s’appuyant sur un témoignage d’un des frères cadets du pape qui raconte, comment jeune, le futur pape "pouvait se retrancher longtemps en silence devant un beau paysage et même autour de la table familiale… un art de vivre, un style de vie, une façon de travailler. Une manière aussi de prier et d’aimer, deux choses qui n’en faisaient qu’une dans son esprit".

C’est en Turquie, le 26 juillet 1976 que se révèle le "Prophète de l’Esprit-Saint". Paul VI visite plusieurs sites de l’Antiquité chrétienne dont la maison dite de la Vierge où il a une vive émotion: "A un moment, sa voix s’étrangla et s’éclipsa, un temps suffisamment inhabituel, pour inquiéter l’entourage et l’assistance. Certains mirent cette absence subite du pape sur le compte de la chaleur qui était étouffante. Mais le pape, se reprenant, entonna le Salve Regina…" Lui qui, en 1965 avait proclamé Marie Mère de l’Eglise, vit "quelque chose de mystérieux et de grand passait sur leur âme en adressant à la Mère de Dieu cette invocation pleine de confiance", se remémore le pape environ un mois après, dans son homélie du 15 août suivant, en la fête de l’Assomption. "D’aucuns voulurent y voir une allusion du pape à son effusion par l’Esprit saint sur les lieux mêmes où saint Paul donna le baptême aux premiers juifs convertis", rappelle l’auteur en même temps que la parole suivante de Paul VI tenue à Rome à la Pentecôte 1975, devant douze mille membres de groupes de prière: "Ce renouveau spirituel ne serait-il pas une chance pour l’Eglise et pour le monde?" Parole devenue emblématique du pontificat de Paul VI, "fut interprétée par ses auditeurs comme une reconnaissance officielle et non moins encourageante de leur charisme".

AFdB / COb


Dans la même catégorie