Dans trois jours, la démolition de Saint Margaret débutera! Ces trois jours suffiront-ils à Sam pour mener l’enquête? Qui était Ivy? Qu’est-elle devenue? Et sa fille? Que se passait-il dans ce lieu?
Sam est une journaliste affectée aux faits divers d’un journal de province (2017). Elle vit en transit chez sa grand-mère avec sa fille car rien ne va plus avec Ben. C’est là qu’elle découvre une lettre et peu à peu, plusieurs autres signées d’Ivy, 1956-1959. Les missives ont quitté discrètement Saint Margaret, une maison destinée aux jeunes filles enceintes et à l’adoption.
Ces courriers sont destinés surtout à Alistair, le père de l’enfant que porte Ivy. Ils l’appellent à l’aide. Aucun secours ne viendra. La description de la vie quotidienne y est dramatique. Rose naît, magnifique petite fille. Malgré toute l’opposition de sa jeune mère, elle est adoptée. Pour celles et ceux qui ont vu le film The Magdalena Sisters, vous l’aurez compris, nous rejoignons ici une thématique similaire.
Du rythme et des surprises
Voilà un roman qu’on ne lâche pas! Un très bon rythme, une fameuse pelote de nœuds qui vous surprendra jusqu’au dernier chapitre, des zones d’ombre qui laissent place à votre imagination. Des atouts pour cette jeune auteure originaire de Brigthon.
Ce récit est une fiction, hélas basée sur la réalité de certaines maisons d’adoption outre-Manche d’une époque pas si lointaine. Elle pose plusieurs questions humaines telles que le rejet des jeunes filles en faute, le rôle des pères, l’adoption, la pression sociale, la violence au sein d’une institution, le "système" finalement mis en place. Ce n’est pas anodin: l’auteure cite le chiffre de 16.164 adoptions par l’intermédiaire de ces 172 maisons en Grande Bretagne pour l’année 1968 (toutes ne furent pas des "Saint Margaret" – on s’en doute).
Emily Gunnis a la clairvoyance de ne pas pointer du doigt l’un ou l’autre "méchant". Chacun a joué un rôle à son niveau. Par lâcheté, par crainte du quand dira-t-on, parce qu’on veut un enfant à tout prix (et pas deux), parce que le bébé est de trop, pour faire du profit - aussi.
Geneviève IWEINS
Siloë Liège - [email protected] - 04 223 20 55
Emily GUNNIS, "Les enfants perdus de Saint Margaret". Préludes, 2020, 19,75€ (frais de port: 7,65€). Remise de 5% sur présentation de cet article.
Emily Gunnis
© Laurie Fletcher

