« Crucifix Constantin » donne une seconde vie à nos crucifix


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« Crucifix Constantin » donne une seconde vie à nos crucifix
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
3 min

(c) Crucifix Constantin

Amaury est étudiant en école de commerce. Il aime flâner sur les brocantes mais son cœur bondit à la vue des crucifix abandonnés au plus offrant. Il décide alors de les acheter et de leur donner une seconde vie en les restaurant. C’est ainsi que "Crucifix Constantin" a vu le jour.

"Ils n’ont pas leur place ici." C’est en tout cas la conviction d’Amaury quand il voit des crucifix bradés sur les marchés aux puces. Cet étudiant français en école de commerce a séjourné huit mois à Bruxelles. Chaque semaine, il se promène sur les brocantes et notamment celle très réputée du quartier des Marolles. Un dimanche matin, sur un "coup de tête", Amaury achète une dizaine de crucifix.

Un nouveau foyer

"J’aime les choses concrètes et je suis manuel même si je n’ai pas suivi de formation artistique." Amaury se lance donc dans la restauration - ou plutôt le relooking - de ces crucifix. En leur apportant une touche moderne, par des formes et des couleurs simples, Amaury espère qu’ainsi transformés, ils retrouveront un nouveau foyer. Car un crucifix, "c’est ce qui nous aide à prier". L’étudiant teste son idée via les réseaux sociaux et, au vu des premiers retours positifs, décide de développer son 'business' à plus grande échelle.

Un crucifix, un défi

(c) Crucifix Constantin

"Je prie beaucoup avant et pendant que je restaure, je suis donc inspiré dans ma prière." Amaury observe le type de bois, le matériau, la forme et choisit des formes et des couleurs "qui donnent du sens, transmettent un message", son intervention doit avant tout "ouvrir vers le ciel" et recentrer le regard sur le Christ. "Chaque crucifix est unique", et représente un nouveau défi. Mais chaque fois, "ce que je fais a pour moi beaucoup de sens", nous confie Amaury.

Entreprise missionnaire

Ces lignes et formes colorées, épurées, modernes, deviennent sa signature. Un look qui attire toutefois l’œil et c’est bien le but de l’opération. "Ce sont des objets devant lesquels on ne peut pas passer sans les voir." De retour à Lyon, Amaury a embarqué trois de ses amis dans l’aventure. "J’ai choisi d’utiliser seulement de la peinture et des formes simples pour que ce procédé soit accessible à tous, et pour motiver mes amis à m’aider", raconte l'étudiant. Aujourd’hui, il dispose même de son propre atelier et a investi dans une machine pour poncer les différents types de bois. Une petite entreprise à réelle vocation missionnaire d’où le choix du nom Crucifix Constantin (premier empereur romain à autoriser le culte chrétien et à se convertir).

Evangélisation passive

"La Providence a été généreuse avec ce projet. Les premiers échos dans la presse chrétienne ont donné une visibilité à mon entreprise, j’ai alors très vite reçu des dons de crucifix à restaurer et à vendre, ou des demandes de particulier pour relooker des crucifix." Amaury peut se targuer d’avoir mis en place une véritable filière de reconditionnement pour des objets qui, à ses yeux, restent précieux et porteurs d’une histoire. Avec ce projet, il assume totalement son identité, celle d’un jeune chrétien pratiquant ancré dans le monde; il veut aussi donner une image moderne de l’Eglise, déconstruire les clichés, casser les codes. Mais son envie est que "ce projet missionnaire s’adresse non pas seulement aux chrétiens mais à tous." C’est pourquoi il vient de développer un kit d’évangélisation passive : des affiches à imprimer soi-même reprenant les codes du relooking des crucifix. Pour inciter les gens "à mettre le Christ dans leur déco", et "rapprocher ceux qui se sont éloignés de la foi" en leur proposant "des messages forts, puissants qui peuvent vraiment changer la vie".

Sophie DELHALLE

Plus d’infos? Consultez le site www.crucifix-constantin.com ou la page Facebook "Constantin"

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