Livres : des microcosmes sous la loupe


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Livres : des microcosmes sous la loupe
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Depuis quelque temps, des récits du quotidien tendent à s'imposer sur les tables des librairies. Ainsi en est-il de deux textes publiés en ce début d'année: "Le courage des autres" et "Les dimanches d'Angèle".

Il n'est pas question d'histoires imaginées ni de romans, mais de scènes observées et consignées sur le vif. Ces récits dépeignent un espace particulier; ils en rendent l'atmosphère et ses protagonistes.

Avec "Le courage des autres", Hugo Boris s'intéresse au métro, ce moyen de transport qu'il emprunte chaque jour. Observateur passif, il traque les voyageurs et leurs manies, mais se retrouve aussi témoin d'algarades qu'il préfère esquiver. La violence le paralyse. Et sa ceinture noire de karaté n'y peut rien. "Quelqu'un comme moi, en temps de guerre, ne pourrait pas survivre." Derrière ce constat amer, le navetteur démuni rapporte des anecdotes dans lesquelles ce sont d'autres qui s'illustrent par leurs prises de position assumées.

La fuite

A défaut de se confronter aux malfrats ou autres indélicats, le narrateur a tendance à se dérober, quitte à sortir de la rame de métro au milieu de nulle part, voire courir se réfugier auprès de parents accompagnés de leurs enfants. La progéniture confère, en effet, un statut particulier, à ceux qui répandent un "halo de sécurité", immunisés par l'innocence de l'âge tendre. De multiples tranches de vie se trouvent ainsi épinglées et glanées au fil des allers-retours du navetteur. Une palette de sentiments est convoquée dans les wagons: colère, désarroi, abandon, tristesse... "L'enfant, debout près de la porte, regarde l'ivrogne assis sur le strapontin à sa hauteur. Il le dévisage longuement. On était tous là à tourner la tête pour l'exclure (…)" Les menus faits et gestes, tantôt emplis de douceur, tantôt pleins de haine, retiennent son attention. Ce sont les signes d'une commune humanité.

Le dimanche en prime

C'est un tout autre univers que Linda Vanden Bemden nous rapporte: celui de la maison de vie et de soins dans laquelle sa grand-mère Angèle réside. L'affection n'est jamais loin de ces mini tableaux nés d'un sens aigu de l'observation. Car rien n'échappe à la narratrice lors de ses visites hebdomadaires. Les casse-pieds, les égoïstes, les accompagnants autoritaires, sans oublier les quiproquos, les plaisanteries sans intention, les agacements aussi. "Certains jours, à la maison de vie et de soins, les pensionnaires ont des envies, le personnel n'en a aucune et témoigne d'autant d'empathie qu'un fer à repasser." Plutôt que les plaintes, Linda Vanden Bemden préfère opter pour une forme d'optimisme en lisant une histoire aux résidentes. Derrière ces instantanés parfois espiègles se cache une réflexion sur cet univers qui porte à "une leçon d'essentiel, à l'ombre de nos encombrements".

Angélique TASIAUX

Hugo Boris, "Le courage des autres". Editions Grasset, janvier 2020, 171 p. - Linda Vanden Bemden, "Les dimanches d'Angèle". Editions Quadrature, collection Miniature, février 2020, 84 p.

Catégorie : Culture

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