Cinéma – L’icône déchue


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Cinéma – L’icône déchue
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Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Les biopics (ces films biographiques) ont le vent en poupe. Voici Judy consacré à la grande Judy Garland, plus précisément sur les dernières années de la vie de celle qui est devenue star avant d’avoir eu le temps de grandir.

Lorsqu’elle était adolescente, Judy Garland a ébloui le monde entier dans Le magicien d’Oz. Propulsée star à dix-sept ans, elle n’en était pourtant pas à ses débuts. La jeune Américaine n’a que trois ans lorsqu’elle se produit pour la première fois sur scène, entre deux films, dans le cinéma géré par son père. A treize ans, elle passe sa première audition devant Louis B. Mayer, patron de la Metro-Goldwyn-Mayer. Recrutée par le studio, elle devient alors une véritable artiste entièrement dévouée à son travail. La jeune Judy ne compte pas les heures à s’entraîner. Son enfance, elle, passera au second plan. Forcée à suivre un régime drastique et à se conformer aux attentes de ce monde d’adultes, Judy Garland n’a jamais connu l’insouciance de la jeunesse. Cette période laissera des traces indélébiles sur l’actrice et chanteuse qui rejailliront toute sa vie durant.

Exil londonien
Adapté de la comédie musicale The End of Rainbow de Peter Quilter, le biopic qui lui est consacré aborde par bribes cette période volée, pour se concentrer essentiellement sur les dernières années de la star. A la fin des sixties, l’icône américaine apparaît d’une maigreur extrême et alcoolique. Complètement brisée par le show business, elle ne parvient plus à s’occuper correctement de ses deux enfants, qu’elle transbahute d’un hôtel à un autre. Le soir, elle retrouve sa fille aînée, Liza Minnelli, dans des soirées où l’alcool coule à flot. Plus aucune salle ne la veut, elle est donc fauchée. Pour lui offrir la possibilité de payer ses dettes, son entourage l’envoie donner une série de concerts à Londres. C’est le seul endroit où le public est encore prêt à applaudir la grande Judy Garland. A contrecœur, elle accepte de laisser ses enfants et s’envole pour l’autre côté de l’Atlantique.
On suit alors ses tentatives ou plutôt celles de son agent et des personnes qui l’entourent pour la faire remonter sur scène. Les personnages secondaires sont donc aussi importants, qu’ils jouent les amis ou les oiseaux de mauvais augure. La star est capricieuse, refuse de répéter et ressemble plus à une épave qu’à une bête de scène. Son comportement imprévisible en découragerait plus d’un à vouloir travailler avec elle. Mais elle a signé un contrat et doit donc assurer les spectacles. L’interprétation intense de Renée Zellweger, fragile victime d’un système qui ne pense qu’au profit donne à ce biopic des accents tragiques. Son destin malheureux pousse la réflexion sur l’enfance malmenée des icônes. Judy Garland n’est évidemment pas un cas isolé. On voit d’ailleurs souvent ce genre d’histoire se répéter dans le monde du spectacle, du sport ou du cinéma. Derrière les paillettes et la célébrité, on découvre une femme sensible qui a, toute sa vie, cherché la reconnaissance et l’amour. Plus qu’un portrait d’une chanteuse, Judy est un drame sur la société du divertissement et ses excès. Il dénonce, dans le même temps, les écueils de l’image. Qui que nous soyons, nous cherchons tous à ce qu’elle soit la plus brillante possible. Quitte à s’oublier, dans certains cas.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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