Le choix de nos libraires : Un Palais pour refuge


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Le choix de nos libraires : Un Palais pour refuge
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Le nouveau roman de l’auteure de La Tresse ne quitte pas l’univers féminin. Il fait l’éloge du bénévolat à travers deux récits parallèles : le destin de Solène et celui de Blanche Peyron, officier de l’Armée du salut et fondatrice du Palais de la femme à Paris.

Tout commence par une prière sur le sol glacé d’un couvent à la fin du XIXe siècle. Un éclair, un drame; nous voilà transposés dans un palais de justice ultra moderne.
Ledit drame enclenche un burn-out chez Solène, pas tout à fait la quarantaine, brillante avocate qui a tout sacrifié pour sa carrière. Conseil du psy: faites du bénévolat!
Donner de son temps à d’autres? alors qu’elle n’a jamais pris du temps pour elle-même? Répondant aux appels du cabinet jour et nuit, partant en vacances avec ses dossiers: une "vraie pro" disait-on! Aujourd’hui, elle peine à tout: se vêtir, sortir, parler à d’autres…
C’est au Palais de la Femme (Paris) qu’elle va tenter l’expérience en proposant ses services d’écrivaine pour les résidentes. Ancien hôtel bâti à l’emplacement d’un couvent de contemplatives, cette arche a été créée par la volonté de Blanche et Albin Peyron, officiers de l’Armée du Salut. Plus de 600 chambres y accueillent depuis 1926 toute une population féminine précarisée.
Bien sûr, il y aura des difficultés pour Solène: se faire accepter, gagner par ses lettres, perdre aussi. Il y aura un drame, une fête et l’histoire se conclura bien pour elle. Comme on peut s’y attendre, les pensionnaires sont de tous horizons, le plus souvent hautes en couleur et pleines de chaleur.
Si la lecture de ce roman est agréable, son intérêt est à notre avis ailleurs. La réalité historique de Blanche Peyron et de sa vie consacrée à l’Armée du Salut qui alterne avec la fiction de Solène nous font découvrir un lieu interpellant, une œuvre, l’aboutissement d’une vie consacrée aux plus démunis. Une véritable Arche de Noé au cœur de Paris qui permet encore et toujours aujourd’hui à des centaines de femmes d’échapper à la rue. Et cela se termine par une prière: "Tout ce qui n’est pas donné est perdu."

Geneviève IWEINS, Siloë Liège - info@siloë-liege.be -04 223 20 55

Laetitia COLOMBANI, "Les Victorieuses". Grasset, 2019, 19,55€ (frais de port: 3,60€) - Remise de 5% sur présentation de cet article.

Catégorie : Culture

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