Le nouveau Tarantino est sur les écrans! Avec Once upon a time… in Hollywood, le célèbre réalisateur américain nous ramène en 1969, sur les traces d’un acteur de série à succès qui voit son étoile ternir.
Impossible de passer à côté de la sortie du nouveau film de Quentin Tarantino. Après avoir fait l’événement au festival de Cannes en mai, Once upon a time... in Hollywood part à la conquête des écrans de notre petit pays. Les fans les plus attentifs ne seront pas passés à côté des dix films conseillés par le réalisateur avant d’aller voir son dernier bébé. Cette liste de références est d’ailleurs bien utile pour apprécier pleinement toute la saveur nostalgique. Car l’Américain n’a jamais caché ses penchants cinéphiles. Pulp Fiction, Inglorious Bastards, Django Unchained, Les huit salopards… chacun rend à sa manière hommage à des films bien connus ou oubliés de l’histoire du cinéma. Et plus encore que ses prédécesseurs, Once upon a time in Hollywood est truffé de clins d’œil au septième art.
Le titre, pour commencer, situe de façon évidente l’intrigue. Il était une fois à Hollywood, un acteur et sa doublure. Nous sommes en 1969, à Los Angeles, le mouvement hippie est à son apogée et le cinéma de papa vit ses derniers instants. Rick Dalton (Leonardo di Caprio), star d’une série western sur le déclin, essaie tant bien que mal, en compagnie de sa doublure, Cliff Booth (Brad Pitt), de saisir les changements de l’industrie du cinéma. Des acteurs/cascadeurs comme Bruce Lee intéressent désormais plus que les cow-boys des vieux westerns. Rick et Cliff doivent donc évoluer s’ils veulent garder leur statut de célébrités hollywoodiennes. Leur chemin croisera celui d’un clan guidé par un mystérieux gourou, Charles Manson. Quand, au même moment, Sharon Tate, jeune actrice prometteuse, s’éclate dans les soirées.
Un cinéma libre
Ce court résumé donne un aperçu de l’ambiance et des éléments historiques utilisés par le cinéaste américain. Comme dans Inglorious Bastards, Quentin Tarantino "revisite" en quelque sorte l’Histoire à sa sauce. Principalement l’assassinat par le clan Manson de Sharon Tate, compagne de Roman Polanski, alors qu’elle était enceinte. Ce tragique fait divers avait alors secoué les Etats-Unis alors en pleine tourmente avec la guerre du Vietnam. Le réalisateur se permet de nombreuses libertés, que vous découvrirez dans le film, se réappropriant avec un plaisir non dissimulé cette époque du Nouvel Hollywood. Derrière l’écran, nous, simples spectateurs, jouissons de la maîtrise irréprochable du réalisateur en matière de mise en scène. Car si on ne saisit pas la moitié des références parfois très pointues, on peut en revanche apprécier le talent du cinéaste pour créer des images qui restent en tête.
Once upon a time… in Hollywood est essentiellement intéressant pour cet aspect visuel. Son rythme lent et sa longueur (2h45), jouant plutôt contre lui. Même si certaines séquences sont terriblement réussies, on reste parfois en dehors du délire. Le plongeon en 1969 n’en est pas moins divertissant, comme on pouvait l’attendre de la part d’un des plus grands cinéastes de sa génération. Quel plaisir que de (re) vivre cette époque de libertés, bercées par The Mamas & the Papas, Simon and Garfunkel, Deep Purple…
Elise LENAERTS

