Décès de Vincent Lambert


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Décès de Vincent Lambert
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Le 11 juillet, le décès de Vincent Lambert est annoncé officiellement, après une agitation médiatique alimentée par de multiples rebondissements juridiques.

A la suite d'un accident de la route en septembre 2008, le Français était devenu tétraplégique. Au fil des années, l'état de santé du quadragénaire a mobilisé des énergies contradictoires, avec d'une part ses parents favorables au maintien des soins et d'autre part son épouse et certains de ses frères et soeurs, enclins à la suspension des traitements. Deux conceptions de la vie se sont ainsi affrontées des années durant.

En France et ailleurs, cet homme était devenu l'emblème du débat autour de la fin de vie et de la légalisation de l'euthanasie. Même l'annonce de son décès témoigne de ce déchirement.

Le blog de soutien annonce son décès avec des mots sans équivoque: "Vincent Lambert est mort ce matin, après neuf jours et neuf nuits d’agonie, privé d’alimentation et d’hydratation. Pensées et prières pour lui et sa famille. RIP". Dans la soirée du 10 juillet, une veillée de prière s'était déroulée devant Saint-Sulpice face à son état jugé "médicalement irréversible". Le 11 juillet, l'AFP (Agence France-Presse) qualifie sa mort d'"épilogue d'une affaire hors normes", la nouvelle lui ayant été confirmée par François Lambert, le neveu du défunt.

Sujet particulièrement sensible, la fin de vie écartèle le monde médical entre des positions antagonistes, dans un débat passionnel. Si certains voyaient dans le cas de l'infirmier tétraplégique un acharnement thérapeutique, d'autres défendaient une vision différente. Conseil médical des parents, le professeur Xavier Ducrocq écrivait en 2015: "Il n’existe pas de possibilité, avec ces personnes, d’établir un code de communication fiable, permettant de traduire ce qu’elles ressentent. D’où le risque de méconnaître certains problèmes ou, à l’inverse, de surinterpréter leur comportement." En avril 2018, 70 médecins signaient une tribune dans "Le Figaro" pour défendre une autre approche médicale. "Nous, médecins et professionnels spécialisés dans la prise en charge de personnes cérébrolésées en état végétatif ou pauci-relationnel (EVC-EPR), tenons à exprimer, en notre âme et conscience, notre incompréhension et notre extrême inquiétude au sujet de la décision d’arrêt de nutrition et hydratation artificielles concernant M. Vincent Lambert." En 2015 déjà, faute de soins appropriés (kiné, etc.), les parents évoquaient même "une mort en sursis". Un an plus tôt, en septembre 2014, Rachel, l'épouse de Vincent et la mère de leur unique enfant, a publié un livre intitulé "Parce que je l’aime, je veux le laisser partir". Elle y écrivait : " Sur son lit d'hôpital, Vincent est pris en otage entre des injonctions contradictoires. Les médecins ont estimé qu'il est temps d'interrompre son traitement, ses parents ont saisi la justice pour contrer cet avis. Moi, je souhaite que cesse enfin ce maintien en vie artificiel. Je suis et je reste celle qu'il a choisie, c'est pourquoi aujourd'hui je prends la parole. En acceptant de le laisser partir, je lui sauve la vie."

Un soutien papal

Dans la soirée du 10 juillet, la veille du décès, le pape François a publié sur son compte twitter les mots suivants : "Prions pour les malades abandonnés et qu'on laisse mourir. Une société est humaine si elle protège la vie, chaque vie, de son début jusqu'à sa fin naturelle, sans choisir qui est digne ou non de vivre. Que les médecins servent la vie, qu'ils ne la suppriment pas."

Parmi les nombreuses réactions suscitées à l'annonce du décès de Vincent Lambert, épinglons encore la presse vaticane et la réaction du secrétaire général de la Conférence des évêques de France

Angélique TASIAUX

Catégorie : International

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