« Question d’enfant » – La rubrique de Luc Aerens : Jonas était-il un ami de Jésus ?


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« Question d’enfant » – La rubrique de Luc Aerens  : Jonas était-il un ami de Jésus ?
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Pourquoi cette fille de quinze ans me pose-t-elle cette question: "Jonas était-il un ami de Jésus?" On n’est pas en catéchèse, ni à un cours de religion, ni encore lors d’une liturgie de la Parole pour jeunes, pas plus que dans un atelier philo-théo ou autre groupe de parole. Non! La question m’est posée par cette fille en dehors de tout contexte pastoral. Pourquoi? Probablement parce qu’elle m’a identifiée comme quelqu’un qui "fait partie de l’Eglise". C’est vraiment important de prendre la balle au bond. Les dialogues informels sont parfois bien plus formatifs que les séances organisées. Surtout si l’initiative vient spontanément de la part des jeunes ou des enfants.

Le dialogue favorise l’apprentissage
"Jonas était un ami de Jésus?" On pourrait évidemment dire: "Tu n’y connais rien! Jésus, c’est dans le Nouveau Testament et Jonas, c’est l’Ancien Testament. Jésus est une personne réelle, historique. Jonas est le personnage d’un récit composé." Mais en quoi une telle réaction aiderait-elle au dialogue et à l’information, surtout comme entame de l’échange?
L’essentiel réside dans le dialogue, dans le fait, pour l’adulte, d’être accessible en permanence.
On pourrait aussi immédiatement opérationnaliser l’apprentissage (comme on le ferait dans un cours de religion) en prenant la Bible et en cherchant, dans les tables des matières, où se trouve le Livre de Jonas par rapport aux quatre évangiles.
Tout cela est juste, mais pour que ce soit pédagogiquement intéressant, cela va s’effectuer dans un deuxième temps. L’adulte exclut évidemment toute formule de jugement, totalement stérile et contre-productive pour favoriser le dialogue ("Tu n’y connais rien!"; "Ce que tu dis est faux!"; "Ce n’est pas ça du tout!"; "Erreur!"…). A l’inverse, on peut questionner à son tour: "Tiens, intéressant! Tu as entendu parler de Jonas?" Et curieusement, la fille de quinze ans répond à cette question: "C’est parce qu’un garçon de ma classe s’appelle Jonas." Va-t-elle, forte de la réponse qui lui sera donnée, raconter à son copain de classe les origines bibliques de son nom? C’est possible, mais cela lui appartient.

Accompagner les intuitions
Sans le savoir, cette jeune fille a évoqué un élément important des liens qui unissent le Nouveau et l’Ancien Testament. Sans le savoir, elle a eu une intuition, celle de réunir les noms de Jonas et de Jésus. On peut le lui révéler. En effet, deux évangélistes signalent que Jésus s’est appuyé sur l’aventure du personnage de Jonas pour annoncer sa mort et sa résurrection: "Les gens d’aujourd’hui réclament un signe miraculeux, mais aucun signe ne leur sera accordé si ce n’est le signe de Jonas" (Mt 12,39 et Lc 11,29). Dans le récit de Jonas, ce personnage est resté enfermé trois jours dans le ventre du poisson (Jon 2,1) et dans sa prière, il dit: "Le monde des morts fermait pour toujours ses verrous sur moi, mais toi, Seigneur, tu m’as fait remonter vivant du gouffre" (Jon 2,7). Comment ne pas, en effet, relier ce "passage" dans le ventre du poisson et, pour Jonas, de la mort certaine à la vie, avec le grand "passage" (la Pâque) de Jésus, ressuscité le troisième jour. "Vous cherchez Jésus, celui qu’on a cloué sur la croix? Il n’est pas ici, il est revenu de la mort à la vie", dit l’ange aux saintes femmes (Mt 28,5-6). Et Pierre ajoutera qui est à la source de la résurrection et de la vie, comme pour Jonas: "Mais Dieu l’a ramené d’entre les morts" (Ac 3,15).
C’est formidable, pour une jeune fille, que l’on confirme, au-delà de ce qu’elle sait, que ses intuitions sont parfois, comme ici, également intéressantes et pertinentes.

Catégorie : L'actu

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