
Et si les Beatles n’avaient jamais existé? Sauf pour Jack Malik…(interprété par Himesh Patel, à gauche, au côté d’Ed Sheeran)
Le film Yesterday n’est pas un biopic sur les Beatles. Mais leurs chansons répondent à l’appel.
Que ferait-on sans Yesterday, Let it be, Here comes the sun, Hey Jude? Que ferait-on si les Beatles n’avaient jamais existé? Le groupe pop anglais est tellement imprimé dans notre imaginaire collectif qu’on ne se pose même plus la question. C’est ce qui arrive pourtant dans le nouveau film de Danny Boyle (Slumdog Millionaire, Trainspotting, La plage). D’un claquement de doigts, le répertoire du légendaire groupe s’évapore, mais, rassurez-vous, on ressort tout de même de la salle en fredonnant Yesterday, la chanson qui donne son nom à ce charmant feel-good movie.
Plutôt que de faire une biographie de John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr et George Harrison, le réalisateur britannique débute son histoire avec un inconnu, Jack Malik. Sa guitare sous le bras, ce jeune chanteur écume depuis des années les petits festivals et les pubs dans l’espoir de devenir la prochaine star de la musique anglaise. Pour l’instant, il ne compte qu’une seule fan, Ellie, son amie d’enfance. Heureusement, le destin va lui donner un petit coup de pouce sous la forme d’une panne de courant mondiale. A cause de l’obscurité qui règne dans les rues, Jack est percuté par un camion alors qu’il rentrait chez lui à vélo. A son réveil, le jeune homme découvre qu’il a non seulement perdu deux dents mais, qu’en plus, il est le seul à se souvenir des chansons des Beatles. D’abord effaré, Jack réalise ensuite qu’il peut tirer profit de cette amnésie générale. Il lui suffit juste de faire travailler sa mémoire et de se souvenir des paroles des hits de ses idoles. La suite est relativement facile à deviner. Grâce à ces mélodies d’enfer, Jack Malik attire l’attention de producteurs et d’un certain... Ed Sheeran qui lui propose d’enregistrer un album avec ses merveilleuses chansons.
La musique adoucit les mœurs
La bonne idée de Danny Boyle c’est d’intégrer de façon ludique les tubes des quatre garçons dans le vent à un scénario de "feel-good movie". Car c’est principalement sous cet angle qu’il faut voir la success story de Jack Malik. Bercés par Here comes the sun, Yesterday et bien d’autres titres, on navigue dans une ambiance rétro, douce et réconfortante. La voix des Beatles sert de coffret à l’histoire de Jack et Ellie, deux personnages pour lesquels on se prend immédiatement d’affection. La quête de reconnaissance du musicien en devient un agréable voyage dans le monde de requins qu’est l’industrie musicale.
Une comédie anglaise ne serait évidemment rien sans son humour. Yesterday remplit ici aussi le cahier des charges en introduisant çà et là des références à la pop culture anglaise. Il compte également sur des seconds couteaux savoureux qui reflètent la légèreté d’une comédie ponctuée de concerts. A l’heure où les biopics musicaux ont la cote, Yesterday propose une autre approche du répertoire d’un des groupes les plus mythiques du XXe siècle. Il fait office d’intermède plaisant après les flamboyants Rocketman et Bohemian Rhapsody. En attendant les biopics consacrés à David Bowie, Elvis Presley, Aretha Franklin ou Bob Marley.
Elise LENAERTS

