Cinéma – Portrait d’une icône de la pop


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Cinéma –  Portrait d’une icône de la pop
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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"Rocketman" raconte la vie du chanteur anglais Elton John. Une comédie musicale magique qui offre d’émouvants moments d’introspection et de grandes envolées exubérantes.

Les biopics musicaux tiennent le haut de l’affiche en ce moment. Après Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, c’est au tour d’Elton John de se retrouver sur grand écran. C’est à Dexter Fletcher, celui qui a remplacé Brian Singer pour tourner la fin de Bohemian Rhapsody qu’on a confié la tâche de donner vie à Rocketman. Le réalisateur en a tiré un film flamboyant, qui rend un vibrant hommage au chanteur de 72 ans. Qu’on soit fan ou non du pianiste prodige, on ne peut que se laisser emporter par la magie de ce spectacle pop qui reconstitue avec fidélité les années septante et quatre-vingt.
Dès l’enfance de celui qui s’appelle à ce moment-là Reginald Dwight, on plonge dans l’univers coloré du grand Elton. Pourtant, la vie du jeune garçon n’est pas des plus réjouissantes, entre un père, pilote de la Royal Air Force froid et distant et une mère frustrée qui ne l’a jamais pris dans ses bras. Il trouvera du réconfort auprès de sa grand-mère qui décèle rapidement son talent pour faire courir ses doigts sur les touches noir et blanc du piano. A partir de là, c’est l’ascension. Reggie entre à la Royal Academy of Music de Londres où il remporte un prix, à onze ans seulement. On le voit ensuite se déployer et puis, comme beaucoup d’artistes, succomber aux excès. Trop fragile, l’éclatant papillon se brûle les ailes et finit en cure de désintoxication.
L’intimité d’une bête de scène
Le film est construit comme un flashback. Elton, adulte, raconte son histoire tandis qu’il tente de se défaire de ses addictions. Le tour de force consiste à intégrer tous ses tubes à la narration, pour en faire un grand show, entraînant et émouvant. Contrairement à Bohemian Rhapsody qui se présentait sous la forme d’un biopic classique, Rocketman est une vraie comédie musicale, ponctuée de chorégraphies parfaitement millimétrées mais exaltantes. L’univers excentrique de l’interprète de Rocketman, I’m still standing, Don’t go breaking’ my heart ne fait pas de la figuration. Partie intégrante du récit, les morceaux auto-biographiques contribuent à dresser le portrait d’un enfant mal aimé par ses parents, qui a trouvé dans la musique un moyen d’exprimer sa créativité. Dexter Fletcher trouve donc le juste milieu entre moments d’introspection et grandes envolées exubérantes.
La grande révélation de ce film c’est surtout Taron Egerton. L’acteur britannique de 29 ans connu pour son rôle d’espion dans les deux volets de Kingsman, explose littéralement. Il chante, il danse, il nous fait pleurer et rire, se confondant parfois de façon saisissante avec Elton. Sa prestation reste longtemps en tête après être sorti de la salle. Pratiquement autant que les inégalables mélodies du musicien. On comprend l’émotion du chanteur et de son compagnon, présents lors de la projection du film au festival de Cannes, il y a deux semaines. Les Oscars sont encore loin mais on peut déjà miser sur une nomination, au moins dans la catégorie du meilleur acteur.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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