Cinéma – Promenade sénégalaise


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Cinéma – Promenade sénégalaise
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Yao est le récit du voyage d’un acteur qui se reconnecte par hasard avec ses origines. Le Sénégal, en l’occurrence, qui est le pays du père d’Omar Sy.

Dans un petit village sénégalais, un groupe de gamins ne parle que de la venue de Seydou Tall, un acteur français originaire du pays. Dans quelques jours, il atterrira à Dakar pour la première fois de sa vie, dans le but de présenter son nouveau livre. Malgré les quelque 300 kilomètres qui le séparent de la capitale, le jeune Yao compte bien rencontrer son idole. Un matin, il s’éclipse donc discrètement pour monter dans un train direction Dakar. Débrouillard, il arrive jusqu’à l’hôtel de Seydou qu’il croise miraculeusement. Sans trembler, il tend son livre pour une dédicace et attire l’attention de l’acteur. Attendri par le jeune garçon, Seydou le fait entrer pour se rafraîchir et découvre qu’il n’a aucun plan pour la nuit. Il avait juste planifié le trajet aller, sans penser au retour. Voilà donc le petit gars en peignoir dans une chambre d’hôtel, en attendant d’être raccompagné par son modèle jusqu’au village. C’est le début d’une grande aventure sur les routes du Sénégal pour Seydou et son fan.
Le récit de ce jeune Africain en voyage avec son acteur préféré n’est pas d’une grande originalité mais il assure un agréable dépaysement. Le canevas assez convenu nous emmène à la rencontre de la vie en Afrique à travers les yeux de ce Sénégalais occidentalisé. Avec lui, on s’étonne des différences de perception du temps, des mœurs et des bonnes manières. Guidés par Yao, on pénètre dans la culture sénégalaise, certes simplifiée pour les besoins du scénario, mais relativement intéressante à observer. Certaines séquences sont ainsi amusantes. Comme lorsque le chauffeur annonce à un Seydou perplexe qu’il repartira seulement après avoir mangé le banquet préparé par les habitants du village dans lequel il s’est arrêté sans prévenir. Un comportement assez peu évident à concevoir pour un Occidental obsédé par les montres et les horaires.

Retour aux sources
On voit également comment le Français, un "bounty" (en référence à la friandise, noir à l’extérieur et blanc à l’intérieur), apprend peu à peu à renouer avec la culture de ses ancêtres. Le film de Philippe Godeau prend alors la tournure d’un voyage initiatique. Là encore, ce n’est qu’effleuré mais c’est fait avec de bonnes intentions. On peut évidemment établir facilement le parallèle avec Omar Sy (inoubliable dans le film Intouchables), qui incarne Seydou. Lui-même fils d’un Sénégalais, l’acteur s’est aussi confronté à ses origines. Le dépaysement s’illustre donc devant et derrière la caméra, à travers la culture, mais également les paysages du Sénégal. Le réalisateur nous fait passer par les grands espaces désertiques, la mer, les grandes villes et les petits villages aux cases en torchis. S’il aurait pu bénéficier d’un peu plus de touches d’humour, Yao joue plutôt bien la carte de l’exotisme. Il met en avant des valeurs comme la famille, le partage et l’accueil. Ce n’est pas transcendant, mais ça a le mérite d’essayer de mettre en lumière une autre culture avec bienveillance.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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