Le deuxième jour de la visite d'Etat se poursuit à Lisbonne. Après un passage commun à l'Oceanarium, géré par la Fondation Oceano Azul, un programme séparé attend les souverains belges.
Nation maritime par excellence, encouragé par sa position en bord de mer, le Portugal se prévaut d'une solide expérience en matière de gestion maritime et océanique. Le choix de l'Oceanarium est moins anecdotique qu'il n'y paraît à première vue. En effet, il prélude aux activités du roi Philippe, attendu ensuite à une rencontre commerciale ainsi qu'à des séminaires dans les domaines de l'économie circulaire et une table ronde avec des entrepreneurs sociaux. Tous ces moments d'échanges privilégiés permettent à des acteurs portugais et belges de croiser leurs expériences et leurs attentes, en vue d'établir de nouveaux partenariats.
Au service de l'économie bleue
Impressionnant par la taille de ses 30 aquariums géants, l'Oceanarium rassemble 8.000 organismes marins, à la fois des animaux et des plantes, soit un ensemble de plus de 500 espèces différentes. Les poissons d'espèces variées se retrouvent dans des biotopes différents, qu'il s'agisse des océans Atlantique, Pacifique ou indien. Intentionnellement, le fond de certains des aquariums n'est pas visible, afin que tout reste possible aux yeux des visiteurs. Nombreux, ceux-ci y viennent en famille ou lors de déplacements scolaires, faisant de cette attraction touristique l'une des plus populaire du pays, depuis son ouverture en 1998. Plus d'un million deux cent mille personnes se rendent chaque année à l'Oceanarium. Celui-ci s'inscrit pleinement dans le monde contemporain, avec pour devise : "l'océan, si nous ne l'écoutons pas, il s'arrêtera de parler". En sensibilisant le grand public à la protection de la nature et de l'environnement, il fait preuve d'une volonté de laisser "un héritage pour le futur". Aussi, de nombreuses activités à vocation pédagogique y sont-elles organisées. Parmi les autres missions dévolues à la Fondation, une activité de recherche en biologie maritime y est menée. Par ailleurs, elle entend favoriser la préservation des espaces sur terre et des fonds marins. Ainsi, à titre d'exemple, la construction de nouveaux bâtiments sur le littoral se doit-elle d'être pleinement intégrée aux préoccupations environnementales et aux innovations propres à l'économie bleue et circulaire, à circuit nécessairement court.
Une sensibilité européenne commune
Dans son discours d'introduction à la rencontre économique, le roi a souligné les similitudes entre les défis rencontrés par les nations portugaise et belge, qu'il s'agisse du chômage, du vieillissement de la population ou encore de la nécessité de vitaliser l'économie et de créer un nouveau dynamisme. Si de nombreux partenariats existent déjà entre les deux nations, il est toutefois "possible d'en faire davantage, à la fois socialement et économiquement". Les nouveautés abondent, la mobilité est envisagée autrement, "l'énergie devient verte, le secteur des soins de santé connaît une évolution rapide", … Les enjeux sont multiples. Un même enthousiasme est revendiqué par Bernard Gilliot, le président de la Fédération des Entreprises de Belgique, qui insiste sur la nécessité de "davantage communiquer sur les succès enregistrés par les projets européens". Cette reconnaissance est d'autant plus importante que "l'Europe n'a pas seulement des challenges extérieurs". Aussi est-il appréciable pour le monde des affaires d'avoir "la chance de participer aux solutions apportées par les technologies et l'économie verte". Troisième intervention de la matinée avec le président de la République du Portugal. "C'est seulement le deuxième jour de la visite d'Etat et déjà un succès", se réjouit Marcelo Rebelo de Sousa, dans une prise de parole engagée en faveur de l'Union européenne. "L'Europe est cruciale dans la balance du monde. Ensemble, nous avons des défis pour parvenir à une Europe unifiée. Oui, nous sommes différents. Nous avons six mois avant les élections, avec un risque de davantage de fragmentation. Nous devons travailler vite, car la situation est dangereuse. Nous devons éviter l'euroscepticisme, la xénophobie, une économie fermée. Les entrepreneurs ont un rôle clef, puisqu'ils ont la possibilité de traduire ces résolutions en actes. Il ne faut pas attendre les décisions politiques, même si elles font de leur mieux pour créer une atmosphère favorable." Et le président d'exhorter ses interlocuteurs à décider et agir, avant de conclure en affirmant que cette visite de la Belgique arrive au bon moment pour l'Europe.
Angélique TASIAUX


