Cinéma : Le grand bain, la bulle légère de Gilles Lellouche


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Cinéma : Le grand bain, la bulle légère de Gilles Lellouche
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Réunir une brochette d’acteurs en maillot et bonnet de bain, c’est le défi un peu fou que s’est lancé Gilles Lellouche. Le Français, qu’on connaît surtout pour son métier d’acteur, était déjà passé derrière la caméra en 2003 avec Narco, une comédie sur un narcoleptique moyennement réussie. Il retente l’expérience quinze ans plus tard avec Le grand bain, un feel-good movie mettant en scène des quadragénaires au hobby peu commun. Et là, c’est le jackpot! Un véritable Full Monty à la française.

L’histoire débute avec Bertrand, un homme ordinaire qui tente de se relever d’une grave dépression. A court d’idées, il tombe, par hasard, à la piscine sur une annonce pour devenir membre d’un groupe de natation synchronisée masculine. Comme il n’a, de toute façon, plus rien à perdre, il passe le pédiluve et se joint à la bande. Bertrand se rend alors compte qu’il n’est pas le seul à être dans la mouise. Marcus est endetté jusqu’au cou, Simon, un guitariste raté, perd le contact avec sa fille,Thierry vit littéralement dans les locaux de la piscine et Laurent n’a plus goût à rien. Ces hommes mal dans leur peau ont chacun leur propre raison de pratiquer ce sport traditionnellement féminin, mais ils ont un point commun: ils sont à la recherche de contact humain et d’un projet. Ils sont loin d’être élégants et gracieux, mais ils mettent tout leur coeur dans ce loisir amateur incongru, sous l’oeil bienveillant de Delphine, ancienne nageuse alcoolique.

Une renaissance
Personne n’a donc une vie rêvée. Mais, contrairement aux apparences, Le grand bain est un film qui donne la pêche. Car la force du film de Gilles Lellouche, c’est de parvenir à tirer vers le rire un sujet initialement plombant. La dépression est souvent traitée sous l’angle de la maladie, elle est même parfois encore taboue au cinéma. Ici, pas de faux-semblants, ces gars sont dans une mauvaise passe, mais ils apprennent à revivre au contact des autres. Cette comédie dramatique baigne donc dans une mélancolie traversée par des bulles de rire et d’espoir. Le grand bain dose parfaitement l’humour et l’émotion, ne tombant jamais dans le larmoyant ou le potache. Il respire l’authenticité, les acteurs se sont d’ailleurs montrés tels qu’ils sont, avec leurs poignées d’amour et leurs bras flasques.
L’autre tour de force du film, c’est de réunir un casting cinq étoiles, sans que ne transparaisse aucun problème d’ego. Benoît Poelvoorde, Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Philippe Katherine, Virginie Efira et Jean-Hughes Anglade, aucun ne tente de tirer la couverture à lui. Chaque personnage a sa raison d’être, son histoire, son passé et ses failles. Coincés dans leurs petits slips de bain moulants, ils se moquent du ridicule. Résultat: on n’a pas envie une seconde de se moquer d’eux. Non, on rit de leurs tentatives maladroites et on se reconnaît dans leur motivation à pratiquer un sport pour lequel ils ne sont pas taillés. Ils ne seront jamais des champions du monde, mais ce n’est pas grave, l’important, c’est de participer et de rire ensemble.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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