Cinéma : Plongée dans l’Amérique profonde


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Cinéma :  Plongée dans l’Amérique profonde
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Katie says goodbye évoque le destin d’une jeune serveuse résidant dans le désert du sud-ouest américain. Ce drame sensible et humain permet de mieux cerner le cinéma américain indépendant d’aujourd’hui.

Bon nombre de films américains débarquant sur nos écrans parlent de super héros, de fêtes d’étudiants ou de célibataires en quête d’amour. En parallèle à cette machine hollywoodienne quelque peu formatée existe un cinéma indépendant américain plus singulier et profond. Le scénario de Katie says goodbye n’est pas inspiré d’un livre ou d’une histoire vraie, il a tout simplement été imaginé par Wayne Roberts, également réalisateur de ce long-métrage. Le décor est planté dans une ville perdue du sud-ouest de l’Amérique, probablement au Nouveau-Mexique. Dans cette région désertique, là où l’on passe plus souvent qu’on ne s’arrête, une jeune femme de 17 ans prénommée Katie a dégoté un job de serveuse dans un restaurant de route. Lors de ses pauses, la jeune femme embarque avec un chauffeur routier, habitué des lieux, et se fait rémunérer pour un moment intime. On comprend que cet argent, gagné également le soir grâce à d’autres hommes, lui permet de rêver d’une vie meilleure, pourquoi pas à San Francisco dans un futur proche. Pour le moment, Katie vit toujours dans un petit bungalow avec sa mère, qui passe ses soirées à boire de la bière devant la télé. Un jour, Katie croise le regard d’un nouvel arrivant dans la ville et tombe sous le charme… Katie says goodbye évoque l’histoire de cette fille sensible et aimable, à laquelle on prédit le meilleur mais qui évolue malheureusement dans un environnement malsain.

Premier volet d’une trilogie
Avec sa figure d’ange et son cœur pur, Katie est d’une empathie compulsive. Si elle couche avec des hommes, c’est dans l’idée de leur faire plaisir. Ce qui fait aussi d’elle une proie facile. Ingénue, elle est aussi d’une honnêteté désarmante. "Je voulais toutefois éviter d’en faire un personnage de conte de fées. Katie n’a pas qu’une seule dimension. Tous ses choix sont complexes et source de souffrances parfois. Il est important que le spectateur perçoive le Bien, mais également la force qu’elle a en elle", explique Wayne Roberts, jeune réalisateur prometteur qui signe ici son premier long-métrage.
Applaudi dans de nombreux festivals de cinéma indépendant, Katie says goodbye évoque une histoire pour finir universelle. Tiraillée entre son rêve de vie meilleure et sa condition de serveuse sans moyens, Katie se crée des repères pour tenir la tête hors de l’eau.
Ce drame original, ponctué de belles images du sud-ouest des Etats-Unis, nous permet aussi de découvrir l’actrice Olivia Cooke, rayonnante dans la peau du personnage principal. Quant à Wayne Roberts, il a terminé voici quelques semaines le tournage de Richard says goodbye, porté par un certain Johnny Depp, qui incarne un professeur à qui l’on diagnostique un cancer en phase terminale. Richard says goodbye s’inscrit en quelque sorte comme une histoire parallèle à celle de Katie says goodbye, le réalisateur souhaitant en fait réaliser une trilogie.

Géry BRUSSELMANS

Catégorie : Culture

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