Le CIPAR porté sur les fonts baptismaux


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Le CIPAR porté sur les fonts baptismaux
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Le 21 octobre sera officiellement lancé le Centre interdiocésain du patrimoine et des arts religieux (CIPAR). Le même jour, les fabriciens francophones sont invités à prendre part à une journée de formation autour de la préservation des textiles anciens.

Dans l'ensemble des diocèses belges, se retrouve le même souci "de préserver et de mettre en valeur du patrimoine pour justifier l'apport des subsides publics", comme le souligne le chanoine Huet. Cheville-ouvrière du nouveau Centre interdiocésain (CIPAR), Christian Pacco rappelle d'emblée que l'intérêt porté au patrimoine religieux n'est pas neuf. Le diocèse de Tournai l'a d'ailleurs pris en compte lors d'un colloque organisé à Mons, il y a près de dix ans. Mais, l'élément décisif, ce fut une rencontre des responsables en 2015 au CRKC, het Centrum voor Religieuze Kunst en Cultuur, établi dans l'abbaye de Park, aux alentours de Leuven. De là est née, la mise en place, en 2016, d'une commission interdiocésaine en charge du patrimoine. Parmi ses prérogatives, il s'agissait de suggérer "des stratégies et directives communes en matière de conservation, inventaire, protection, restauration ou valorisation du patrimoine religieux". Un an plus tard, place, dans la foulée, au CIPAR, qui signe désormais les ambitions de l'Eglise francophone de Belgique, en matière de préservation et de valorisation du patrimoine religieux.

Un premier objectif de collecte

Réalisé entre 1975 et 1990, l'inventaire photographique de l'Institut royal du patrimoine artistique (IRPA) commence à dater. Près de 30 ans après sa réalisation, il demeure toutefois une base essentielle sur laquelle les fabriciens peuvent s'appuyer afin de rajeunir ou compléter le recensement naguère établi. Afin de faciliter la démarche de collecte, l'outil informatique de recensement sera commun aux diocèses de Wallonie et au vicariat du Brabant wallon. Le diocèse de Tournai a, en effet, choisi de rejoindre le logiciel d'inventaire en ligne, auquel chaque fabrique d'église a accès per le biais d'un mot de passe. Si la procédure est la même dans l'ensemble des diocèses, la mise en œuvre reste propre à chaque diocèse, assure Christian Pacco, qui souligne combien l'inventaire représente "un outil de gestion d'église". Cinq ans ont été prévus pour la réalisation complète du catalogue des 2.500 églises de Wallonie. A côté d'un support méthodologique, le CIPAR entend également veiller au partage de bonnes pratiques, toutes ces "procédures de conservation", qui permettent de prendre soin d'un patrimoine parfois malmené, comme, par exemple, les textiles. Hélène Cambier, la conservatrice du musée diocésain namurois, rappelle une série de mesures de conservation faciles à mettre en application: "séparer les vêtements anciens et fragiles par un papier de soie, mettre un rembourrage dans les plis pour éviter les déchirures, isoler ceux qui ont des traces de moisissure ou d'insecte, ne pas les aspirer, éviter la poussière qui maintient l'humidité et les agents polluants, nettoyer les fonds des tiroirs et armoires, emballer les vêtements précieux dans du papier de soie ou des boîtes de carton neutre".

Une réflexion sur l'avenir des bâtiments

Au-delà de la conservation, les enjeux d'une démarche de valorisation du patrimoine sont conséquents en ces temps de disette. Il s'agit de "réaffecter le patrimoine à la communauté locale, rendre l'église disponible à la communauté où elle se trouve", observe Christian Pacco, tandis que le chanoine Huet évoque "le critère d'appartenance et de visibilité" des églises, perceptible par tous, même les non croyants. A l'heure où "le maillage pastoral ne correspond plus à la réalité", la réflexion patrimoniale s'inscrit dans une réflexion plus générale sur l'avenir des bâtiments et de l'Eglise. Même constat du côté du diocèse de Liège, avec le chanoine Eric de Beukelaer, qui entend "faire des églises des maisons du peuple, où tout citoyen peut trouver une respiration intérieure. Installées dans les villages et les quartiers, les églises sont des lieux de mémoire". Reste à envisager, dans certains cas, "une ouverture des églises dans un usage partagé avec d'autres activités citoyennes ou la création de musées du patrimoine religieux local, des espaces où les gens se réapproprient" leur propre patrimoine. L'apport des bénévoles est crucial pour maintenir ces lieux de vie ouverts, car, rappelle le chanoine de Beukelaer, "les bénévoles n'ont pas la gestion d'un dépôt poussiéreux, mais la garde d'un patrimoine qui a un avenir". La difficulté, observe encore le chanoine Huet, c'est que "quand on éloigne, quand on muséalise, on prive d'une partie de la symbolique". Il prône dès lors l'utilisation régulière d'objets précieux (encensoirs, statues, reliques, etc.), sortis de leurs vitrines, pour qu'ils fassent encore pleinement partie des usages populaires. "Le trésor de la cathédrale de Namur est exposé in situ. S'il était ailleurs, il perdrait cette connexion indispensable de vie avec le lieu dans lequel un objet se trouve et accompagne la liturgie. Nous devons respecter les exigences de sécurité et de proximité", assure le chanoine Huet. Coté diocésain, Namur envisage la constitution d'un conservatoire de patrimoine "pour y réunir les pièces que l'on ne veut pas vendre sur le marché de l'art ni décemment jeter, par exemple un vestiaire diocésain pour conserver les textiles, la statuaire, les orfèvreries, etc." Le patrimoine religieux est vaste, les collections nombreuses. Reste à en prendre soin!

Angélique TASIAUX

 


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