En sport, comme dans la vie, le fair-play est une valeur essentielle, mais parfois voire souvent oubliée. C'est dans cet esprit, qu'à l'initiative de Panathlon Wallonie-Bruxelles, a été rédigé une déclaration inédite dans les relations entre mondes des sports, des religions et de la laïcité. Un exemplaire en a été remis au Premier ministre, Charles Michel.
Le sport est assurément un facteur de rassemblement, au-delà des origines et des convictions religieuses ou philosophiques. Un élément est essentiel pour que cela soit une réalité: le fair-play. Le Panathlon Wallonie-Bruxelles est sans aucun doute un véritable activiste du Fair Play, dont il attribue chaque année un prix. Le Panathlon Wallonie-Bruxelles développe ses actions autour de trois axes : le sport, l’éducation et la citoyenneté. Toutes ces actions s’adressent aux jeunes sportifs ainsi qu’à tous ceux qui les entourent (entraîneurs, formateurs, enseignants, dirigeants, parents, bénévoles, etc.).
Elles peuvent être concrétisées par toutes les institutions (clubs et fédérations sportives, entités communales ou provinciales, etc.) soucieuses de promouvoir les valeurs positives du sport. En remettant les « Prix du Fair Play » le Panathlon Wallonie-Bruxelles souhaite mettre à l’honneur les acteurs du monde sportif, qu’ils soient joueurs, entraîneurs, parents, supporters, arbitres, dirigeants, bénévoles, ainsi que les entités, clubs, associations, fédérations, communes, provinces, écoles, classes, …, ayant accompli un geste remarquable ou développé un projet particulier en faveur de la promotion du fair-play dans le sport.
Une déclaration inédite
A l'initiative du Panathlon Wallonie-Bruxelles, une déclaration commune aux mondes du sport, aux confessions religieuses et à la laïcité en Belgique, a été rédigée pour un meilleur "sporter ensemble", à la suite du colloque sur le thème "Le Sport, l’Esprit de l’Humanité". Cette déclaration vise à garantir la primauté des règles sportives sur les convictions philosophiques et religieuses de chacun, se conformant elles-mêmes aux règles de vivre-ensemble édictées par nos législateurs. Elle a été ratifiée par la Conférence Episcopale de Belgique, représentée par l'abbé Eric de Beukelaer, vicaire épiscopal du diocèse de Liège, mais aussi par le Consistoire Central Israélite Juif, le Comité Central du Culte Anglican, la Métropole Orthodoxe de Belgique, l’Exécutif des Musulmans de Belgique, le Conseil du Culte Protestant, le Centre d’Action Laïque (CAL) et l’Union Bouddhique Belge. Du côté des associations et organisations sportives, le Comité Olympique et Interfédéral Belge, le Belgian Paralympic Committee, les Special Olympics Belgium, l’Association interfédérale du Sport francophone et le Bond voor Lichamelijke Opvoeding(représentant l’éducation physique) ont également signé cette déclaration. Chacun des signataires s’est engagé à la faire diffuser au sein de sa communauté en Belgique mais aussi à l’étranger. Un "comité de suivi" a d’ailleurs été constitué pour veiller à la bonne application de cette déclaration.
Philippe Housiaux, président du Panathlon Wallonie-Bruxelles, a remis au Premier ministre Charles Michel, le premier exemplaire de cette déclaration inédite dans les relations entre mondes des sports, des religions et de la laïcité. Il était accompagné de Thierry Zintz, président du District belge du Panathlon International. En la recevant, le Premier ministre a dit apprécir à sa juste valeur la volonté clairement exprimée par tous les signataires. Il a précisé qu’il était ouvert et disponible pour soutenir cette initiative et aider à ouvrir des portes afin de diffuser ce texte le plus largement possible. "Le monde du sport, ses dirigeants, les entraîneurs et les volontaires rassemblent toutes les émotions, les passions. Le sport est source de santé publique et de vivre ensemble autour de règles clairement édictées. Y adjoindre par le biais de cette déclaration cette primauté de la règle sportive quand on pratique son sport sur tout autre prescrit et conviction me parait essentiel. Je félicite comme il se doit tous ceux qui ont contribué à la rédaction de ce texte audacieux", a ajouté le chef du gouvernement fédéral.
Au nom des porteurs du projet, Philippe Housiaux a estimé que "entrer en sport comme on entre en religion, en contact, en relation, en lice, etc., c’est cela tout l’enjeu. Rien ne doit entraver ce processus décisionnel ; pas même des prescrits philosophiques qui briseraient l’harmonie de ses rendez-vous sportifs ou alourdiraient le sens donner à la rencontre sportive".
J.J.D.

