Une seconde vie (1/3) : After Festival Recup


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Une seconde vie (1/3) : After Festival Recup
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
2 min

L'idée de récupérer du matériel usagé pour le réutiliser n'est pas nouvelle. Mais After Festival Recup renouvelle le genre. Rencontre avec Renaud Jean-Louis, à l'origine de cette initiative pour entamer cette nouvelle série "Une seconde vie".

En Belgique, période estivale rime avec festival. Renaud a décidé de ramasser les tentes et autres sacs de couchage abandonnés par les festivaliers pour les redistribuer à ceux qui dorment à la belle étoile toute l'année.
"Pour l'instant, nous n'avons fait qu'une récolte début juillet au festival Rock Werchter. Etant engagé dans beaucoup de projets solidaires, on avance petit à petit pour mettre les choses en place."

Et l'idée semble faire son chemin; elle attire de nouveaux volontaires et les perspectives se dessinent à l'horizon. "Lors de la première opération récup', il n'y avait que moi et ma compagne et nous avions une petite camionnette. Depuis, on a beaucoup de propositions d'aide qui arrivent. Encore faut-il coordonner tout ça et voir sur qui on peut compter ou pas. 2017 est pour nous une année de mise en place. En 2018, on va tenter de faire un maximum de récupérations."

Photographe, Renaud, 39 ans, nous explique d'où est né ce souci de l'autre: "J'ai vécu beaucoup de moments forts avec des réfugiés. J'ai fait de nombreux séjours dans la Jungle de Calais en tant que bénévole. Sur place, j'étais invité à manger ou à boire le thé chez des migrants du bidonville. Une hospitalité que je n'oublierai jamais. Alors, le jour où j'ai retrouvé certaines de ces personnes dormant dans le froid dans les rues de Bruxelles, je n'ai pas réfléchi, je leur ai offert un lit chez moi pour quelques mois. Certains ont pu rejoindre Londres. D'autres sont encore ici. Mais nous sommes très proches, nous formons une famille."

Renaud affirme être motivé par la "solidarité". "Peu de gens sont solidaires avec les personnes précarisées et les populations exilées de la gare du Nord. Il y a 600 personnes qui sont là après avoir fui des guerres ou des sécheresses. Qui leur donne à manger? Qui leur propose une douche? Qui leur propose une couverture ou un sac de couchage?"
Lors d'une de ses tournées, Jean-Louis a rencontré Jack (photo): "Jack errait au parc Maximilien. Il aidait aux distributions de repas tous les jours. A sa pension, lui, qui avait travaillé comme indépendant, n'a plus pu payer son loyer." Renaud a donc naturellement pensé à Jack quand il s'est mis à collecter les sacs de couchage à Werchter. Pour une fois, l'histoire se finit bien: "Il y a un peu plus d'un mois que Jack est rentré à Marseille chez ses parents, couler des jours heureux et mérités au soleil."
Pour Renaud, l'action est la seule chose "juste"! Cette conclusion sonne peut-être comme une invitation...
Sophie Delhalle
Catégorie : L'actu

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