Des livres pour changer d’horizon


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Des livres pour changer d’horizon
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Pari réussi pour la quarantenaire Hoai Huong Nguyen, qui publie un deuxième roman aux accents nostalgiques emplis de douceur, quand bien même la guerre sévit avec rage. Même enthousiasme du côté de Christian Bobin qui arpente, une nouvelle fois, les traces de l’enfance.

L’écrivaine d’origine vietnamienne réussit cette prouesse d’évoquer la guerre du Vietnam sans parti-pris idéologique. Entouré par la mort depuis son enfance, le jeune Tuân, héros malgré lui du roman "Sous le ciel qui brûle", sera sauvé du désarroi par la Beauté du monde qu’il percevra avec une acuité d’autant plus accrue qu’il vit dans l’isolement, reclus parmi ses livres. Fugaces, les visions du passé l’accompagnent dans sa vie quotidienne et, lors de ses promenades, des impressions d’autrefois remontent subrepticement à la surface. La nature occupe, en effet, une place précieuse dans l’émergence de ses souvenirs. "Alors que ses doigts étaient posés sur l’écorce rugueuse, une prière ancienne lui revint aux lèvres, à la manière d’une chanson oubliée dont les paroles dormiraient au fond de sa mémoire." Marqué par la guerre et les disparitions de ses proches, Tuân se réfugie dans un univers onirique, peuplé de songes.

Une sensibilité poétique

L’écriture de Nguyen est légère, elle capte l’émerveillement des saisons et de la nature ordinaire. Ce roman parle de choses graves, sans sombrer dans la gravité. Si la violenceest présente, elle l’est sans voyeurisme ni complaisance. Car la poésie porte le jeune homme à travers des scènes de guerre forcément cruelles.

Et c’est précisément le poète Gérard de Nerval qui tient lieu de point commun avec la dernière publication de l’écrivain français Christian Bobin, intitulée "Un bruit de balançoire". L’auteur du recueil "Le Très-Bas", en hommage à François d’Assise, n’a cessé de poursuivre une œuvre où la poésie du quotidien et de l’éphémère occupe une place de choix. "Je ne crois pas à ce qu’on me dit. Je crois à la façon dont on me le dit", lance-t-il à son lecteur, en présage d’une sensibilité à fleur de peau. Le regard de Bobin plonge dans la réalité qui l’entoure pour en distinguer les effluves des rêves et les réminiscences de l’enfance. Du grand art tout en légèreté.

Angélique TASIAUX

Hoai Huong Nguyen, "Sous le ciel qui brûle". Editions Viviane Hamy, avril 2017, 175 pages. Christian Bobin, "Un bruit de balançoire". Editions de L’Iconoclaste, août 2017,
105 pages.

Catégorie : Culture

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