Le 26 mars prochain aura lieu, à Bruxelles, la désormais traditionnelle Marche pour la Vie. En Belgique, le rassemblement peine à élargir le nombre de ses participants. Serait-ce à dire que les Belges ne se sentent plus concernés par les débats éthiques? Combat idéologique par excellence, l'avortement cristallise les tensions.
La fragilité est constitutive du corps humain. Elle participe à la grandeur et à sa faiblesse, laissant le corps démuni à ses extrémités les plus patentes que sont la naissance et la mort. Jouer au démiurge comporte des risques et peut mener à des désastres… Car la perte d'un enfant, qu'elle soit voulue ou non, laisse des traces. Consciemment ou non. Le combat actuel mené par certains parents pour faire reconnaître les enfants nés sans vie montre combien un enfant qui n'a pas vu le jour occupe néanmoins une place importante dans la chair et l'esprit de ses parents. Bien des mamans qui ont fait une fausse couche - selon l'expression consacrée - sont habitées longtemps après par le manque abyssal de cette naissance, la vivant parfois comme une amputation d'elle-même. Car le tabou subsiste et l'on évoque rarement un enfant mort en couche… En même temps, des mères, jeunes ou moins jeunes, décident ou sont incitées à poser un terme à une grossesse non désirée. En Belgique, on s'en souvient, la législation a été modifiée en ce sens, au point que certains déplorent à présent une incitation récurrente à l'avortement auprès des plus jeunes.
La douleur des pères
Le focus est généralement mis sur les femmes auxquelles revient le choix ultime d'accepter ou non une maternité. Les hommes sont souvent oubliés ou mis de côté lorsque la décision est prise. Quelquefois, ils n'en sont même pas avertis. Toutefois, certains connaissent une véritable expérience de deuil à la naissance d'un autre enfant, qui ravive une blessure jamais cicatrisée.
Le syndrome de post-avortement
De nombreuses mères qui ont avorté déplorent les dommages collatéraux liés à un acte médical présenté, par certains, comme étant anodin. On n'arrache pas la vie d'un ventre comme une dent pourrie d'une mâchoire! L'angoisse, le déni et le refoulement accompagnent et meurtrissent la parturiente, quelquefois des décennies plus tard. Ainsi, la cinquantaine venue, Chantal confiait à ses proches combien elle cherchait le visage de son enfant avorté parmi celui des jeunes passants… Un traumatisme tellement insupportable qu'il l'a menée au suicide. Ce témoignage est loin d'être un cas isolé. Si l'acte est techniquement au point, ses conséquences psychiques sont loin d'être reconnues par la société civile, qui ferme les yeux sur la détresse maternelle et ne leur accorde pas même le temps de vivre leur deuil… Où sont les moralisateurs pro IVG quand une femme s'effondre en pleurant un fœtus jeté aux oubliettes de l'histoire?
Et maintenant?
La promotion de l'avortement envers et contre tout tend à banaliser l'acte, le réduisant à une méthode contraceptive parmi d'autres. Les débats éthiques n'ont décidément jamais été aussi présents à l'heure de découvertes technologiques toujours plus audacieuses…
Angélique TASIAUX
Lire l'intégralité de l'article dans le journal Dimanche n°12 du 26 mars 2017 - S'abonner à Dimanche
A Bruxelles, le 26 mars 2017 à 15h, aura lieu, pour la 8e fois, la Marche pour la Vie. Le rendez-vous est fixé au Mont des Arts, afin de "protéger les plus fragiles pour une société plus humaine".

Le 26 mars prochain aura lieu, à Bruxelles, la désormais traditionnelle Marche pour la Vie. En Belgique, le rassemblement peine à élargir le nombre de ses participants. Serait-ce à dire que les Belges ne se sentent plus concernés par les débats éthiques? Combat idéologique par excellence, l'avortement cristallise les tensions.