Plus le droit d’être malade ?


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Plus le droit d’être malade ?
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Après les chômeurs, c’est à présent au tour des malades de longue durée d’être dans le viseur du gouvernement. En 2016, l’Inami (Institut National d’Assurance Maladie-invalidité) annonçait un chiffre record de 370.400 travailleurs absents depuis plus d’un an, représentant une dépense tout aussi record de cinq milliards d’euros. Un montant qui n’a pas échappé à la ministre de la santé publique Maggie De Block qui met sur la table un plan pour inciter les malades de longue durée à revenir au travail. Ce plan prévoit un processus de réintégration des personnes jugées aptes au travail avec comme incitant… des sanctions financières! Le malade qui n’afficherait pas suffisamment de bonne volonté pourrait perdre de 5 à 25% de son allocation. Cette mesure pénalisera doublement les malades. Elle fragilisera davantage la situation financière de ces personnes qui doivent, avec des moyens limités, déjà faire face à des coûts importants liés notamment aux soins et à l’achat de médicaments. Mais surtout, elle intensifiera le poids moral et le sentiment de culpabilité de celui qui ne se sent pas capable de reprendre son activité professionnelle. Le syndicat chrétien a d’ailleurs réagi à la proposition de la ministre en estimant que "l’approche positive de la réintégration risque de se transformer en un cauchemar répressif" et que la menace de sanction "n’est pas défendable sur le plan humain". Dans une société qui encense la productivité et la rentabilité, il n’y a donc plus de place pour une quelconque faiblesse, ne fût-ce qu’un temps donné. Un comble quand on observe qu’une proportion non négligeable de ces incapacités est à mettre en lien avec le stress et la pression que subissent les travailleurs. La réponse des entreprises à la crise financière de 2008 a été d’augmenter la production tout en réduisant les coûts et le personnel. Les effets de cette politique du "toujours plus avec moins" n’ont pas tardé à se faire sentir avec une hausse sensible des pathologies d’ordre psychique. La ministre parviendra peut-être à réduire les coûts de la sécurité sociale, mais à quel prix sur le plan humain? Le retour au travail peut-il être obtenu à coup d’antidépresseurs? Un Belge sur dix en consomme déjà quotidiennement.

Manu VAN LIER

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