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Invité à s'exprimer sur «L’engagement de l’artiste face à l’état du monde », Francis Huster a transmis son énergie, celle d'un homme de convictions, aux auditeurs du Square-Brussels Meeting Centre.
Quel contraste entre la présentation factuelle que le président des Grandes Conférences Catholiques a fait de l'homme de théâtre Francis Huster, en insistant sur les pièces et les films dans lequel il a joué, et la prestation de l'acteur capable de captiver le public pendant près de deux heures sur une réflexion profonde sur le rôle de l'artiste.
Dès son entrée en scène, Francis Huster a planté le décor: "Un homme est mort sur la croix. Pour quel crime? Il a osé parler d'amour". Le comédien poursuit en rappelant que le Christ avait tout dit sur Dieu, que c'est à nous de prendre le relais. L'invité de la conférence à Brussels Meeting Square interpelle alors ses auditeurs: "Le rôle des artistes n'est pas de décrire le monde tel qu'il est… L'artiste ressent et voit les choses avant les autres. Par son art, il raconte le monde tel qu'il devrait être." Selon Francis Huster, les chanteurs, danseurs et comédiens sont l'une des rares catégories capables d'ouvrir une autre route qui mènera l'homme à lui-même.
Pour illustrer ce propos, le conférencier du 5 décembre propose le modèle de Molière, dont l'œuvre représente "le troisième Testament". Francis Huster a alors entamé le récit d'une partie de la biographie de l'homme du 17ème siècle, un récit tellement passionnant qu'il aurait pu durer toute la nuit. Jean-Baptiste Poquelin, vrai nom de Molière, a su s'inspirer de la société multiculturelle dans laquelle il vivait pour "faire rire la France avec des personnages du quotidien". Pour pouvoir faire passer son message, il a dû s'inventer un double, sous le nom de Molière. C'est lui qui utilisait le rire comme thérapie pour illuminer le visage du public et le rendre meilleur.
En suivant la trace de cette célébrité décédée à à peine 51 ans, Francis Huster invite à se "sur-mobiliser" tous pour le profit de tout le monde. "J'en appelle aux dirigeants du monde entier, s'exclame-t-il en conclusion, à se relever pour construire un autre monde, pour que la société que nous laisserons à nos enfants soit celle dont nous avons rêvé."
A-F de Beaudrap
