Le professeur et théologien Didier Pollefeyt réagit aux propos de la N-VA sur la proposition de l’enseignement catholique flamand d’écoles du dialogue plus ouvertes à l’islam. L’expert a d’ailleurs mené une enquête auprès des directions sur ce projet dont il défend les principes et les intentions.

Bart De Wever et Lieven Boeve (Photos: NVA/VRT)
D’après le Standaard et Knack, les arguments de la N-VA sur la proposition d’écoles du dialogue du Katholieke Onderwijs Vlaanderen seraient inexacts et peu corrects. En effet, le parti nationaliste accueille mal ce projet d’ouverture à d’autres convictions dont principalement l’islam; leur tonitruant président, Bart De Wever, allant même jusqu’à déclarer «pourquoi pas la doctrine du spaghetti volant?»! Les conservateurs flamands affirment que l’enseignement catholique y perdrait son identité et que le projet ne plairait pas du tout aux différents acteurs du KOV.
Didier Pollefeyt, vice-recteur de la KUL et théologien, dément ces allégations. Le professeur a mené l’enquête auprès de 360 établissements et constate que la proposition rencontre un franc succès. Le soutien au projet monte jusqu’à 90% dans les écoles interrogées. A parts égales, certaines directions estiment déjà appliquer un tel dessein, tandis que d’autres appellent à ce que ce modèle devienne la norme dans le futur. Pourquoi alors cette tempête de critiques de la part de la N-VA?
Anti islam ?
La majorité des arguments tournant autour d’une islamisation potentielle de l’enseignement catholique par le biais de cette proposition, le professeur Pollefeyt se demande si la définition du «catholique» pour les nationalistes flamands ne tiendrait pas plus de la préférence culturelle et identitaire que de l’aspect religieux, devenant alors un «synonyme d’anti-islam». Le théologien soutient lui, corps et âme, le projet de son ex-collègue, Lieven Boeve, patron du KOV: «Il n'a jamais eu l'intention de dépouiller l'école catholique. (…) L'école dialogue est l'évidence même, où l’on associe identité et hospitalité.»
Ce dernier a d’ailleurs réagi ce weekend dans les colonnes du Standaard pour tenter de désamorcer les grenades lancées par le bourgmestre d’Anvers, qui ne rate jamais une occasion de s’attaquer à un symbole de la société belge comme la pilarisation, et particulièrement le pilier chrétien, c’est-à-dire le CD&V et ses associés. Jouant la carte de l’affection du président nationaliste pour les milieux économiques et patronaux, Lieven Boeve a été éclairé de préciser à Bart De Wever que le Katholiek Onderwijs Vlaanderen «n’est plus une ancienne organisation du pilier chrétien mais une association moderne de membres, (…) nous sommes le Voka de l’enseignement catholique, une organisation patronal». Jeu, set et match?
MK
