Au nom de tous les miens – Abel plutôt que Caïn


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Au nom de tous les miens – Abel plutôt que Caïn
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

Au lendemain du décès de Martin Gray, l'auteur d'"Au nom de tous les miens", l'abbé Eric de Beukelaer publiait sur son blog, une réaction pleine de sens.

GrayLa nuit dernière, s’est éteint à Ciney (Belgique) une Conscience. Survivant de la Shoah et grand témoin de l’après-guerre, Martin Gray a vendu des milliers de livres et laissé son témoignage, partout dans le monde. L’homme expliquait qu’il avait choisi d’être Abel, plutôt que Caïn. Il disait: «Selon les circonstances, et mon histoire me l’a appris, chaque homme peut devenir une bête sauvage. En entrant dans Berlin, en 1945, avec l’armée russe, j’avais en moi le désir de venger les miens. Mais la vengeance est destructrice pour les autres, mais aussi pour soi. C’est un combat perpétuel de rester Abel et de ne pas devenir Caïn pour les autres. Grâce à mon père, j’étais armé pour rester Abel. Alors que l’étau se refermait sur nous dans les ruines de Varsovie en 1942, mon père m’a dit: 'Mon fils, aujourd’hui nous sommes obligés de tuer pour survivre, mais sache que la vie est sacrée, ne l’oublie jamais!' Depuis, je vis toujours avec ces paroles à l’esprit.»

La nouvelle de son décès n’a pas fait beaucoup de bruit. Comme si beaucoup l’avaient déjà un peu enterré. Tout un symbole… Alors que la peur et l’insécurité en Europe nourrissent à nouveau le repli identitaire, l’appel à la confiance de Martin Gray, semble ne plus guère résonner.

Raison de plus pour prendre la relève. Une Conscience s’est éteinte. A nous de réveiller nos consciences pour que l’avenir appartienne à Abel… plutôt qu’à Caïn.

Catégorie : En dialogue

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