Ouverture du procès de l’Eglise de scientologie belge


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Ouverture du procès de l’Eglise de scientologie belge
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Scientologie_BruxellesAprès 18 ans d'enquête s'ouvre enfin le procès de l'Eglise de Scientologie en Belgique. Cette organisation reconnue comme une secte en Belgique est notamment poursuivie pour association de malfaiteurs, exercice illégal de la médecine, fraude et extorsion.

L'Eglise de scientologie de Belgique ne sera pas seule à être jugée puisque, parmi les prévenus, figurent aussi une autre ASBL, en l'occurrence le Bureau européen pour les affaires publiques et les droits de l’homme de l’Eglise de scientologie internationale ainsi qu'une dizaine de dirigeants ou anciens dirigeants. Les prévenus devront répondre de très nombreuses préventions: extorsion de fonds, exercice illégal de la médecine, abstention coupable, clauses abusives dans les pratiques de commerce, infractions à la loi sur la protection de la vie privée, abus de faiblesse et organisation criminelle. Et si cette dernière prévention est retenue, l'Eglise de scientologie, qui fait plus de bruit qu'elle ne compte réellement d'affiliés (probablement moins de 500 dans notre pays), aura alors bien du mal à poursuivre ses activités en Belgique.

Deux instructions judiciaires jointes

Mais on en n'est pas encore là! Ce procès devant la 69e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles va d'abord devoir examiner deux instructions judiciaires dont la première a été commencée en 1997, suite à quatre plaintes d’anciens scientologues. Certains d'entre eux ont d'ailleurs, entretemps, conclu des transactions avec l’Eglise de scientologie. Parmi les griefs faits à la secte, le fait de devoir acheter le fameux "électromètre", l'appareil fétiche de la scientologie, qui permettrait notamment une audition plus rapide et plus précise. Il est facturé par la secte 4.800 euros alors que ses composants coûtent tout au plus 250 euros.

Le deuxième dossier a été instruit dès 2008 après une plainte d’Actiris, l’Office régional bruxellois de l’emploi. L’Eglise de scientologie de Belgique avait fait passer des offres d'emploi. Mais selon le juge financier, la secte ne proposait pas de contrats de travail mais des contrats d'adhésion.

Si l'instruction de ces deux dossiers qui ont finalement été joints a été si longue, c'est aussi parce que les avocats de l'Eglise de scientologie ont multiplié les procédures. On imagine donc qu'après les treize audiences programmées pour ce procès et en cas de jugement la condamnant, la secte n'en restera pas là. On n'est sans doute pas prêts de voir la fin de ce long processus judiciaire.

P.G.

Catégorie : Belgique

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